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Accueil › L'Épaule › Instabilité de l'épaule › Combien de temps

Luxation de l'épaule : combien de temps ?

Votre épaule vient d'être remise en place et vous portez une attelle. Cette page donne nos délais, point par point : l'attelle, la douleur, la conduite, le travail, le sport, et la durée du risque de récidive.

« Combien de temps ? » est la première question posée en consultation, avant même « faut-il opérer ». Voici nos réponses, telles que nous les donnons à nos patients.

Cette page traite des délais après une luxation : attelle, douleur, conduite, travail, sport, et durée du risque de récidive. Les questions chirurgicales — quand faut-il stabiliser, réparation de Bankart, butée de Latarjet — ont chacune leur page dédiée.
Ce que vous trouverez sur cette page
  1. Combien de temps garder l'attelle
  2. Quand refaire un examen après la réduction
  3. Combien de temps dure la douleur
  4. Conduire, dormir : les gestes du quotidien
  5. Combien de temps d'arrêt de travail
  6. Quand reprendre le sport
  7. Combien de temps le risque de récidive dure-t-il
  8. Tous les délais en chiffres-clés
  9. Questions fréquentes

Combien de temps garder l'attelle ?

La première question à se poser n'est pas « combien de semaines », c'est « est-ce la première fois ? ». Tout découle de là :

  • Premier épisode — la durée dépend alors de l'âge.
  • Récidive — quelques jours, quel que soit l'âge. Une seule exception : une fracture récente de la glène associée.

Après un premier épisode : nos durées

Voici ce que nous prescrivons après un premier épisode réduit. Ce sont des durées de principe : une fracture de la glène, une lésion de la coiffe ou une instabilité majeure les modifient.

Âge lors du premier épisodeDurée d'immobilisation
Moins de 20 ans4 semaines
De 20 à 35 ans3 semaines
Plus de 35 ans7 à 10 jours

Ce dégradé suit celui du risque. Avant 20 ans, la récidive est presque la règle — 86,6 % à cinq ans dans la série de Robinson [1] — et protéger la cicatrisation du bourrelet a le plus de sens : nous allons donc jusqu'à quatre semaines. Entre 20 et 35 ans, le risque baisse nettement et trois semaines suffisent. Après 35 ans, le raisonnement s'inverse : le problème n'est plus la récidive mais la raideur, et une épaule qui reste douloureuse et faible à cet âge doit faire rechercher une lésion de la coiffe [9] — d'où une immobilisation courte, de 7 à 10 jours.

Ce que dit la littérature — l'essentiel

La durée idéale d'immobilisation n'a jamais été démontrée. L'étude fondatrice de 1980 trouvait un net avantage à trois semaines plutôt qu'une [5], les méta-analyses suivantes n'ont pas confirmé cet écart [4], et la revue Cochrane de 2019 conclut que la question reste ouverte [12]. Deux points s'en dégagent : chez l'adulte, rien ne justifie de dépasser trois semaines [13] ; et l'attelle sert à protéger la cicatrisation et à passer la phase douloureuse — pas à « acheter » de la stabilité.

Si nous dépassons cette borne uniquement avant 20 ans, c'est que ces études portent sur des adultes de tous âges : aucune n'a tranché la question chez l'adolescent, précisément là où le risque de récidive est le plus élevé. Nous y faisons le choix de la prudence.

Un détail qui n'en est pas un : chez ces patients de plus de 35 ans, la fin de l'attelle tombe exactement au moment de la consultation de réévaluation, celle qui recherche une lésion de la coiffe entre le septième et le dixième jour. Les deux rendez-vous n'en font qu'un.

En cas de récidive

Quand l'épaule s'est déjà luxée, la logique s'inverse. Il n'y a plus rien à protéger : le bourrelet est décroché depuis le premier épisode, et le garder immobilisé trois semaines de plus ne va pas le recoller. Nous immobilisons donc, en général, quelques jours seulement, le temps que la douleur passe, puis nous remettons l'épaule en mouvement. Et cette fois, l'âge n'entre pas en ligne de compte : que l'on ait dix-huit ans ou cinquante ans, la durée est la même.

Deux situations font sortir de cette règle :

  • Une instabilité majeure — une épaule qui se déboîte pour un geste anodin, plusieurs fois de suite, parfois pendant le sommeil. L'immobilisation est alors prolongée, mais surtout : ce n'est plus la durée de l'attelle qui est la question.
  • Une fracture récente de la glène associée — l'immobilisation passe alors à 4 à 6 semaines selon la taille du fragment. Voir ci-dessous.

Reste l'exception qui change tout : une fracture récente de la glène associée à la reluxation. Là, ce n'est plus une épaule instable que l'on immobilise, c'est un fragment osseux qui doit consolider — et l'immobilisation passe à 4 à 6 semaines, selon la taille du fragment : plus il est volumineux, plus la consolidation demande de temps.

C'est aussi pourquoi les radiographies ne sont pas facultatives après une reluxation, même chez quelqu'un qui « a l'habitude » et qui a remis son épaule en place seul. Une récidive qui s'accompagne d'une fracture du bord de la glène ne se traite pas comme les précédentes.

Combien de temps après la réduction faut-il refaire un examen ?

Une luxation ne se résume jamais à l'épaule remise en place. Deux lésions doivent être cherchées systématiquement, et elles ne se cherchent pas au même moment.

  • Le jour mêmeExamen neurologique du membre supérieur, en particulier du nerf axillaire (circonflexe), le jour de la réduction. C'est le moment où il a le plus de valeur : une atteinte nerveuse constatée d'emblée est documentée, une atteinte cherchée trois semaines plus tard ne se rattache plus à rien.
  • J7 à J10Recherche d'une lésion de la coiffe des rotateurs, avec réévaluation neurologique. Dans les tout premiers jours, la douleur rend l'examen de la coiffe ininterprétable ; à une semaine, il devient fiable.
Ce deuxième rendez-vous n'est pas une formalité. C'est lui qui fait la différence entre une épaule qui récupère et une rupture de coiffe passée inaperçue — le scénario classique après 40 ans, où l'épaule reste douloureuse et faible et où l'on met des mois à comprendre pourquoi.

Combien de temps dure la douleur ?

C'est la deuxième question, et elle vient souvent avec une inquiétude non dite : « est-ce normal que ça fasse encore mal ? ». Il n'y a pas une réponse mais deux — et l'écart entre les deux est large. Là encore, tout se joue sur le fait qu'il s'agisse d'un premier épisode ou d'une récidive.

Après un premier épisode

En règle générale, la douleur dure quelques semaines. C'est le temps qu'il faut aux structures arrachées lors de la luxation pour cicatriser.

Avec une exception qui surprend souvent : chez les patients hyperlaxes, la douleur est quasi absente dès la réduction. L'épaule est sortie sans que les tissus aient eu à céder brutalement, et elle rentre de la même façon. Ce silence n'est pas une bonne nouvelle en soi — l'hyperlaxité fait partie des facteurs qui multiplient le risque de récidive, par 2,7 dans la méta-analyse d'Olds [3]. Une épaule qui ne fait pas mal est ici une épaule qui sort et rentre facilement.

En cas de récidive

Les douleurs se limitent en général à quelques jours.

Quand le nerf axillaire s'en mêle

Il faut en parler, parce que c'est ce qui explique les douleurs qui ne rentrent dans aucun des deux calendriers ci-dessus. Une atteinte du nerf axillaire peut accompagner la luxation — surtout lors d'un premier épisode, plus rarement lors d'une récidive. Elle se manifeste de deux façons dans le temps :

  • Quelques semainesDes douleurs importantes, nettement au-dessus de ce qu'on attendrait d'une simple luxation réduite.
  • Plusieurs moisPuis, parfois, des douleurs de réinnervation au niveau du moignon de l'épaule, qui peuvent persister longtemps après que tout le reste soit rentré dans l'ordre.
C'est exactement ce que cherche l'examen neurologique du jour de la réduction, puis sa réévaluation entre le 7ᵉ et le 10ᵉ jour. Une douleur qui dépasse largement les quelques semaines attendues, ou qui siège au moignon de l'épaule, doit faire évoquer cette piste — et non un simple retard de cicatrisation.

Combien de temps avant de reprendre les gestes du quotidien ?

Les délais qui comptent vraiment, dans une journée, ne sont pas ceux du protocole. Ce sont : conduire, et dormir.

La conduite

La réponse est nette, et elle ne se négocie pas : on ne conduit pas avec une attelle. La conduite est donc interdite pendant toute la durée de l'immobilisation — pas jusqu'à ce que la douleur cède, mais jusqu'au retrait de l'attelle.

Avec nos durées, cela donne un délai que l'on peut annoncer dès la consultation : environ 4 semaines sans conduire avant 20 ans, 3 semaines entre 20 et 35 ans, 7 à 10 jours au-delà de 35 ans.

C'est souvent cette contrainte-là, et non la douleur, qui décide en pratique de la durée de l'arrêt de travail : chez quelqu'un qui prend sa voiture pour aller travailler, ou qui conduit dans le cadre de son métier, l'épaule peut aller bien sans que la reprise soit possible.

Le sommeil

C'est la plainte la plus constante des premières nuits, et elle est rarement anticipée : dormir sur le dos avec une attelle est très difficile. Quand la position allongée ne passe pas, nous conseillons de dormir assis — dans un fauteuil ou calé par des coussins — le temps de l'immobilisation. Ce n'est pas un pis-aller : c'est souvent la seule façon de retrouver des nuits correctes pendant ces quelques semaines.

Combien de temps d'arrêt de travail ?

Il n'existe pas de durée standard, et s'entendre annoncer un chiffre unique devrait plutôt alerter. La reprise se décide sur trois éléments, et le troisième est celui que l'on oublie le plus souvent.

  • La douleur — quelques semaines après un premier épisode, quelques jours après une récidive, davantage en cas d'atteinte du nerf axillaire.
  • L'état fonctionnel de l'épaule — ce que le bras peut réellement faire, et non ce qu'indique le calendrier.
  • Le risque de récidive au poste de travail — et la dangerosité de ce poste. Une épaule instable ne se reluxe pas au repos : elle se reluxe sur un geste. Travailler bras au-dessus de l'épaule, porter en hauteur, tirer en force, travailler sur un échafaudage ou une échelle, c'est s'exposer à un nouvel épisode — et, selon le poste, à ce qui peut suivre une luxation survenue au mauvais moment.
À cela s'ajoute la conduite : tant que l'attelle est portée, un salarié qui conduit pour se rendre au travail ou dans le cadre de son travail ne peut pas reprendre, même si son épaule ne le fait plus souffrir.

Combien de temps avant de reprendre le sport ?

Trois éléments commandent la reprise, et le dernier pèse plus lourd que les deux autres :

  • Le type de sport — c'est-à-dire le geste qu'il impose à l'épaule.
  • Le niveau auquel il est pratiqué — loisir ou compétition, entraînement ou match.
  • Et surtout : s'agit-il d'un premier épisode ou d'une récidive d'instabilité ?

Ce dernier point ne modifie pas seulement le délai, il change la question. Après un premier épisode, on organise une reprise. Après une récidive, la vraie question n'est plus « quand reprendre » mais « faut-il stabiliser l'épaule avant de reprendre » — et elle se discute sur la page Instabilité de l'épaule.

Reste le premier critère, le type de sport. Ce qui compte n'est pas son nom mais le geste qu'il impose à l'épaule. Nager la brasse garde les bras devant soi, sous le niveau des épaules : l'articulation ne va jamais chercher la position de danger. Armer un tir au handball, smasher au volley, tendre le bras pour un plaquage, c'est l'inverse — c'est reproduire, volontairement et à pleine vitesse, le mouvement même de la luxation.

Une donnée mérite d'être connue, parce qu'elle est souvent citée de travers. Buss et coll. ont suivi 30 sportifs scolaires et universitaires — âge moyen 16,5 ans — repris en cours de saison sans chirurgie : 26 sur 30 ont pu terminer leur saison, avec une moyenne de 10,5 jours d'absence. Mais 10 d'entre eux ont refait au moins un épisode d'instabilité pendant cette même saison [10].

Autrement dit : reprendre vite est possible, terminer sa saison est possible — mais la reprise précoce ne stabilise rien. Elle repousse la décision, elle ne la remplace pas. C'est exactement ce que nous discutons avec les sportifs que nous suivons, et c'est pourquoi la question de la stabilisation se pose souvent en fin de saison plutôt qu'au moment de l'accident.

Combien de temps le risque de récidive dure-t-il ?

C'est la question que personne ne pose à voix haute, et qui décide pourtant de tout le reste. La réponse tient en une phrase : ce n'est pas le temps qui écoule le risque, c'est l'âge qu'on avait le jour de la luxation.

Deux séries de référence le montrent. Robinson et coll., à cinq ans de recul, sur des patients de 35 ans et moins [1]. Hovelius et coll., sur un suivi prospectif de vingt-cinq ans — l'une des plus longues séries publiées en orthopédie [2].

Âge lors de la première luxationRécidive à 5 ans (Robinson)Récidive à 25 ans (Hovelius)
12 – 20 ans86,6 % (15–20 ans)72 % (12–22 ans)
21 – 25 ans73,8 %—
23 – 29 ans48,8 % (26–30 ans)56 %
31 – 35 ans30,7 %—
Plus de 30 ans—27 %

La méta-analyse d'Olds et coll., portant sur 1 324 patients, situe le taux global de récidive après une première luxation traumatique antérieure à 39 %, et chiffre l'effet de l'âge : avoir 40 ans ou moins multiplie par 13,5 le risque de récidive. Deux autres facteurs pèsent : être un homme (× 3,2) et présenter une hyperlaxité articulaire (× 2,7) [3].

Et le délai ? La cohorte britannique TASH-D, plus récente, montre que 43 % des patients se reluxent dans les deux ans qui suivent le premier épisode [11]. Le risque n'est donc pas étalé sur une vie : il est concentré sur les premiers mois et les deux premières années.

Ce que nous en faisons en consultation : à seize ans, ces chiffres veulent dire qu'attendre revient à laisser l'épaule s'abîmer épisode après épisode ; à cinquante ans, ils veulent dire qu'une luxation isolée ne condamne pas à la chirurgie. Attention toutefois à ce qu'ils décrivent : c'est l'évolution naturelle d'une épaule laissée sans stabilisation. Ils ne disent pas s'il faut opérer, et encore moins par quelle technique — cette discussion se tient sur la page Instabilité de l'épaule.

Les délais en chiffres-clés

  • Nos durées après un premier épisode : 4 semaines avant 20 ans, 3 semaines de 20 à 35 ans, 7 à 10 jours au-delà — hors situation particulière
  • Conduite interdite pendant toute la durée de l'immobilisation : environ 4 semaines avant 20 ans, 3 semaines de 20 à 35 ans, 7 à 10 jours au-delà
  • Durée de la douleur : quelques semaines après un premier épisode, quelques jours après une récidive — quasi absente chez le patient hyperlaxe
  • Atteinte du nerf axillaire : douleurs importantes quelques semaines, puis douleurs de réinnervation du moignon de l'épaule pouvant durer plusieurs mois
  • Immobilisation après une récidive : quelques jours quel que soit l'âge — sauf instabilité majeure, et sauf fracture récente de la glène associée, où elle passe à 4 à 6 semaines selon la taille du fragment osseux
  • Bilan des lésions associées : examen neurologique le jour de la réduction, puis coiffe des rotateurs et réévaluation neurologique à J7–J10
  • Littérature : pas de bénéfice démontré au-delà de 3 semaines chez l'adulte, durée optimale non tranchée [12] [13]
  • Récidive globale après une première luxation : 39 % [3]
  • Avoir 40 ans ou moins multiplie le risque de récidive par 13,5 [3]
  • Récidive à 25 ans de recul : 72 % avant 22 ans, 27 % après 30 ans [2]
  • Reluxation dans les 2 ans : 43 % des patients [11]
  • Sportif repris en cours de saison sans chirurgie : 10,5 jours d'absence, 26/30 terminent la saison, mais 10/30 refont un épisode [10]
Reconsultez sans attendre si l'épaule se reluxe, si elle se dérobe au moindre geste, si la force baisse au lieu de revenir, si la douleur augmente au lieu de diminuer, ou si un engourdissement persiste dans le bras.
Pour aller plus loin — sur Substack Luxation de l’épaule : que faire juste après un premier épisode, et comment éviter la récidive

Questions fréquentes — délais après une luxation de l'épaule

Réponses du Dr Yannick Roussanne et du Dr Laurent Geiss, chirurgiens orthopédistes spécialistes de l'épaule à Montpellier.

Tout dépend d'abord d'une chose : premier épisode ou récidive. Après un premier épisode, nous immobilisons 4 semaines avant 20 ans, 3 semaines entre 20 et 35 ans, et 7 à 10 jours au-delà de 35 ans. Après une récidive, quelques jours suffisent, quel que soit l'âge — sauf instabilité majeure, ou fracture récente de la glène associée, où l'immobilisation passe à 4 à 6 semaines selon la taille du fragment. Côté littérature, la durée idéale n'a jamais été démontrée et, chez l'adulte, rien ne justifie de dépasser trois semaines ; si nous allons à quatre semaines avant 20 ans, c'est que le risque de récidive y est maximal et que la question n'a pas été tranchée à cet âge.

Quelques semaines après un premier épisode, le temps que les structures arrachées cicatrisent. Quelques jours seulement après une récidive. Avec une exception qui surprend : chez les patients hyperlaxes, la douleur est quasi absente dès la réduction, parce que l'épaule sort et rentre sans que les tissus aient à céder brutalement. Une atteinte du nerf axillaire peut compliquer ce tableau — surtout lors d'un premier épisode : douleurs importantes pendant quelques semaines, puis parfois douleurs de réinnervation du moignon de l'épaule durant plusieurs mois. Une douleur qui dépasse nettement ces délais, ou qui siège au moignon, doit faire évoquer cette piste.

On ne conduit pas avec une attelle : la conduite est interdite pendant toute la durée de l'immobilisation, et non jusqu'à la simple disparition de la douleur. Le repère est le retrait de l'attelle. Après un premier épisode, cela représente environ 4 semaines sans conduire avant 20 ans, 3 semaines entre 20 et 35 ans, 7 à 10 jours au-delà. Après une récidive, l'immobilisation ne durant que quelques jours, l'interdiction est d'autant plus courte. C'est souvent cette contrainte, et non l'état de l'épaule, qui détermine la durée réelle de l'arrêt de travail chez ceux qui conduisent pour travailler.

Dormir sur le dos avec une attelle est très difficile, et c'est la plainte la plus constante des premières nuits. Lorsque la position allongée ne passe pas, nous conseillons de dormir assis, dans un fauteuil ou calé par des coussins, pendant la durée de l'immobilisation. Ce n'est pas un pis-aller mais souvent la seule façon de retrouver des nuits correctes sur ces quelques semaines. La position redevient libre au retrait de l'attelle.

L'âge est le facteur le plus puissant : avoir 40 ans ou moins lors de la première luxation multiplie par 13,5 le risque de récidive ; être un homme le multiplie par 3,2, une hyperlaxité par 2,7. Les séries de référence concordent : Robinson retrouve à cinq ans 86,6 % de récidive entre 15 et 20 ans contre 30,7 % entre 31 et 35 ans ; Hovelius, sur vingt-cinq ans, 72 % avant 22 ans contre 27 % après 30 ans. Le taux global est de 39 %. Ce risque n'est pas étalé sur une vie : 43 % des patients se reluxent dans les deux ans.

Deux moments, pas un. Le jour même de la réduction, un examen neurologique du membre supérieur, en particulier du nerf axillaire, doit être réalisé systématiquement : une atteinte cherchée plusieurs semaines après ne peut plus être rattachée à l'accident. Puis, entre le 7ᵉ et le 10ᵉ jour, une deuxième consultation recherche une lésion de la coiffe des rotateurs et réévalue l'examen neurologique. Ce délai n'est pas arbitraire : à chaud, la douleur rend l'examen de la coiffe ininterprétable, alors qu'à une semaine il devient fiable. C'est cette consultation qui évite de laisser passer une rupture de coiffe, fréquente après 40 ans.

Non. Consulter après un premier épisode ne veut pas dire être opéré : cela permet de faire le bilan et de situer votre risque. Ce risque se lit sur des critères validés — l'âge avant tout, mais aussi le sexe, l'hyperlaxité et ce que montrent les radiographies. Ce sont ces éléments, et non le nombre de luxations déjà survenues, qui donnent la mesure du problème. Une confusion mérite d'être levée : le score ISIS ne sert pas à décider s'il faut opérer. C'est un score préopératoire, qui prédit le risque de récidive après une réparation de Bankart arthroscopique et sert donc à choisir la technique.

Information médicale grand public. Conformément à la loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé (loi Kouchner), les informations présentées sur cette page ont une vocation pédagogique et ne se substituent en aucun cas à une consultation médicale. Les délais indiqués sont des ordres de grandeur : seul un examen clinique permet d'établir un diagnostic et de fixer un calendrier adapté à votre situation.

En cas d'urgence — épaule déformée et bloquée, plaie ouverte, déficit neurologique, fièvre — composez le 15 (SAMU) ou présentez-vous aux urgences de la Polyclinique Saint-Roch — 04 67 61 88 00.

Sources scientifiques

  1. Robinson CM, Howes J, Murdoch H, Will E, Graham C. Functional outcome and risk of recurrent instability after primary traumatic anterior shoulder dislocation in young patients. J Bone Joint Surg Am. 2006;88(11):2326-36.
  2. Hovelius L, Olofsson A, Sandström B, et al. Nonoperative treatment of primary anterior shoulder dislocation in patients forty years of age and younger. A prospective twenty-five-year follow-up. J Bone Joint Surg Am. 2008;90(5):945-52.
  3. Olds M, Ellis R, Donaldson K, Parmar P, Kersten P. Risk factors which predispose first-time traumatic anterior shoulder dislocations to recurrent instability in adults: a systematic review and meta-analysis. Br J Sports Med. 2015;49(14):913-22.
  4. Paterson WH, Throckmorton TW, Koester M, Azar FM, Kuhn JE. Position and duration of immobilization after primary anterior shoulder dislocation: a systematic review and meta-analysis of the literature. J Bone Joint Surg Am. 2010;92(18):2924-33.
  5. Kiviluoto O, Pasila M, Jaroma H, Sundholm A. Immobilization after primary dislocation of the shoulder. Acta Orthop Scand. 1980;51(6):915-9.
  6. Wang SI. Management of the first-time traumatic anterior shoulder dislocation. Clin Shoulder Elb. 2018;21(3):169-75.
  7. Simonet WT, Cofield RH. Prognosis in anterior shoulder dislocation. Am J Sports Med. 1984;12(1):19-24.
  8. Khiami F, Gérometta A, Loriaut P. Conduite à tenir devant une première luxation gléno-humérale traumatique antérieure récente. Conférences d'enseignement SOFCOT. 2014.
  9. Pevny T, Hunter RE, Freeman JR. Primary traumatic anterior shoulder dislocation in patients 40 years of age and older. Arthroscopy. 1998;14(3):289-94.
  10. Buss DD, Lynch GP, Meyer CP, Huber SM, Freehill MQ. Nonoperative management for in-season athletes with anterior shoulder instability. Am J Sports Med. 2004;32(6):1430-3.
  11. Kearney RS, et al. Treatment of first-time traumatic anterior shoulder dislocation: the UK TASH-D cohort study. Health Technol Assess. 2019.
  12. Braun C, McRobert CJ. Conservative management following closed reduction of traumatic anterior dislocation of the shoulder. Cochrane Database of Systematic Reviews. 2019, CD004962. DOI : 10.1002/14651858.CD004962.pub4.
  13. Kazim YH. A literature review on whether immobilization of the shoulder in external rotation improves healing and prevents the recurrence of acute shoulder dislocations. Cureus. 2025;17(3):e80713.

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