CHIRURGIE ORTHOPÉDIQUE et TRAUMATOLOGIQUE - MONTPELLIER
CHIRURGIE OSSEUSE ET ARTICULAIRE - CHIRURGIE PROTHÉTIQUE - CHIRURGIE ARTHROSCOPIQUE - CHIRURGIE DU SPORT
Protocole My Shoulder — Rééducation après butée de Latarjet et réparation de Bankart
Le protocole My Shoulder (Dr Roussanne), développé à la Polyclinique Saint-Roch de Montpellier, structure la rééducation après chirurgie de l'instabilité antérieure récidivante de l'épaule en quatre phases successives, de l'auto-rééducation à la maison dès le lendemain de l'opération jusqu'à la reprise des sports de contact et de la compétition vers 4 à 6 mois. Il est commun aux deux interventions de référence — la butée osseuse coracoïdienne selon Latarjet et la réparation arthroscopique de Bankart — avec des précautions adaptées au geste réalisé. Sa logique suit les principes partagés par les chirurgiens d'épaule francophones et la Société Française de Chirurgie Orthopédique et Traumatologique (SOFCOT).
Les quatre phases du protocole My Shoulder instabilité
Chaque phase a un objectif biologique précis qui conditionne ce qui est autorisé et ce qui est interdit. Le fil conducteur est la protection de la réparation antérieure : la position d'armé (abduction associée à la rotation externe), qui est celle de la luxation, reste interdite tant que la cicatrisation des tissus mous et — après un Latarjet — la consolidation osseuse du greffon ne sont pas acquises.
Phase 1 — Immobilisation et auto-rééducation My Shoulder (J0 à J21)
Objectif : cicatrisation initiale, antalgie, protection de la réparation antérieure et du greffon osseux, entretien de la mobilité du coude et du poignet — sans solliciter l'épaule.
On fait : attelle coude au corps 20 jours en port intermittent (retirée pour la toilette, les repas et les exercices, conservée le reste du temps et la nuit), exercices de l'application My Shoulder dès le lendemain de l'opération à raison de 5 minutes 5 fois par jour : mobilisation active du coude, du poignet et des doigts, contractions musculaires douces dans le secteur autorisé, application de glace 15 minutes plusieurs fois par jour.
On évite : mouvements pendulaires, travail actif de l'épaule, rotation externe, position d'armé (abduction + rotation externe), port de charge, appui sur le bras opéré pour se relever, conduite automobile.
Phase 2 — Rééducation active progressive guidée (J21 à 6 semaines)
Objectif : récupérer activement les amplitudes articulaires en élévation et en abduction, et restaurer la rotation externe de façon strictement progressive, sans jamais forcer la réparation antérieure.
Le travail actif de l'épaule débute à J21, en actif-aidé puis en actif libre selon la tolérance. La rotation externe est récupérée par paliers, sans la forcer : proscrite pendant l'immobilisation, elle est ramenée à 45 degrés vers le 45e jour. Une radiographie de contrôle est réalisée à 45 jours. La position d'armé reste interdite.
On fait : récupération active et active-aidée des amplitudes, élévation et abduction progressives dans le plan de l'omoplate, rotation externe douce et progressive jusqu'à 45° vers J45, massages cervico-scapulaires, réveil des stabilisateurs de la scapula et du sous-scapulaire.
On évite : rotation externe forcée, position d'armé, sollicitation du tendon conjoint (biceps-coracobrachial), renforcement contre résistance, poulies, port de charge.
Phase 3 — Récupération active complète et renforcement progressif (6 semaines à 4 mois)
Objectif : consolider les amplitudes actives complètes puis développer la force et l'endurance des stabilisateurs de l'épaule. Le renforcement contre résistance n'est introduit qu'après le scanner de consolidation du greffon à 3 mois : le jalon osseux, et non le calendrier seul, conditionne le passage à la force.
On fait : récupération des amplitudes actives complètes, réveil et renforcement doux des stabilisateurs de la scapula et du sous-scapulaire, travail proprioceptif ; reprise de la course à pied dès 4 à 6 semaines, conduite vers 3 à 4 semaines. Après le scanner de consolidation à 3 mois : renforcement contre résistance (élastiques, charges légères croissantes), renforcement du biceps désormais autorisé, chaîne cinétique ouverte et fermée, stabilisation dynamique.
On évite : avant 3 mois, renforcement et sollicitation du biceps et du coracobrachial (risque d'arrachement du greffon coracoïdien après Latarjet), rotation externe forcée, armé en charge, sports de contact et de compétition.
Phase 4 — Reprise des activités et du sport (4 à 6 mois)
Objectif : retour à la vie quotidienne et professionnelle complète, puis aux sports de contact, de lancer et à la compétition, conditionné à la consolidation osseuse et à un examen clinique de validation.
On fait : dès 4 mois, activités professionnelles complètes et sports sans contact ni armé forcé (natation, vélo, musculation sans armé) ; entre 4 et 6 mois, reprise des sports de contact, de lancer et d'armé (rugby, handball, tennis-service, sports de combat) selon la consolidation du greffon vérifiée au scanner ; réathlétisation spécifique pour les sportifs en compétition.
On évite : reprise sportive de contact sans validation clinique ni preuve de consolidation osseuse.
Modalités à respecter durant toute la rééducation
Au-delà des spécificités de chaque phase, plusieurs principes transversaux structurent le protocole My Shoulder instabilité. Ils reposent sur des données biomécaniques validées et sur les pratiques partagées des chirurgiens d'épaule francophones.
- Rééducation toujours sans douleur. La douleur est le signal d'alerte d'une sollicitation excessive de la réparation antérieure ou du greffon.
- Pas de rotation externe forcée ni de position d'armé en phase précoce. L'abduction associée à la rotation externe est le geste de la luxation : elle met en tension la réparation et expose à la récidive.
- Rotation externe récupérée par paliers, 45° vers le 45e jour. La progression est lente et indolore, jamais imposée.
- Pas de renforcement du biceps ni du coracobrachial avant 3 mois après un Latarjet. Le tendon conjoint s'insère sur le greffon coracoïdien : un renforcement précoce expose à l'arrachement du greffon avant sa consolidation.
- Pas d'utilisation de poulies. Les poulies imposent une élévation passive non contrôlée et favorisent des compensations vicieuses du complexe scapulaire.
- Pas de renforcement contre résistance avant la phase 4. Le renforcement ne débute qu'après récupération des amplitudes et, pour le Latarjet, après contrôle scanographique de la consolidation à 3 mois.
- Reprise des sports de contact conditionnée à la consolidation osseuse. Le scanner à 3 mois (renouvelé à 6 mois si nécessaire) autorise ou non la reprise des sports de contact et de la compétition.
Quand reprendre quel sport ?
Les délais de reprise sportive ci-dessous sont des repères fondés sur la cicatrisation des tissus mous et, pour le Latarjet, sur la consolidation osseuse du greffon. Ils sont allongés en cas de retard de consolidation ou de récupération plus lente. Les sports d'armé, de lancer et de contact sont les derniers autorisés car ils reproduisent le mécanisme de la luxation. Une consultation de validation et, après un Latarjet, un scanner de consolidation conditionnent ces reprises.
| Activité sportive | Délai indicatif | Niveau de prudence |
|---|---|---|
| Marche (avec attelle) | dès J7 | Sûr |
| Vélo d'appartement | 3 semaines | Sûr |
| Conduite automobile | 3 à 4 semaines | Progressive |
| Course à pied | 4 à 6 semaines | Progressive |
| Vélo route, VTT chemin | 6 à 8 semaines | Progressive |
| Natation brasse | 3 mois | Progressive |
| Musculation membre supérieur sans armé | 3 mois | Avis médical |
| Natation crawl, dos crawlé, papillon | 4 mois | Avis médical |
| Golf : swing complet | 4 mois | Avis médical |
| Tennis : fond de court sans service | 4 mois | Avis médical |
| Tennis : service, sports d'armé | 4 à 6 mois | Avis impératif |
| Sports de lancer (handball, javelot, baseball) | 4 à 6 mois | Avis impératif |
| Sports de contact (rugby, judo, arts martiaux) | 4 à 6 mois | Avis impératif |
| Compétition, sportifs professionnels | après réathlétisation | Avis impératif |
Pill « Sûr » : reprise possible sous réserve de récupération attendue. Pill « Progressive » : reprise graduelle sous supervision kinésithérapique. Pill « Avis impératif » : reprise conditionnée à un examen clinique de validation et, après un Latarjet, à la consolidation du greffon au scanner.
Le protocole en chiffres-clés
Repères du protocole My Shoulder instabilité
- 20 jours d'attelle coude au corps, port intermittent
- J+1 : début de l'auto-rééducation My Shoulder
- 5 min × 5 fois/jour d'exercices guidés
- J21 : démarrage de la kinésithérapie
- 45° de rotation externe vers le 45e jour
- 3 à 4 semaines : reprise de la conduite
- 2 semaines : reprise d'un travail sédentaire
- 2 à 4 mois : reprise d'un travail manuel
- 4 à 6 semaines : reprise de la course à pied
- 3 mois : scanner de consolidation du greffon
- 4 à 6 mois : sports de contact et compétition
- Récidive : 2 à 5 % (Latarjet) vs 8 à 15 % (Bankart)
Référentiels scientifiques et institutionnels
Le protocole My Shoulder instabilité s'inscrit dans le cadre des pratiques de référence francophones et de la littérature scientifique internationale sur la stabilisation de l'épaule. Voici les sources sur lesquelles il s'appuie.
Choix de l'intervention et score ISIS
- Balg F, Boileau P — The instability severity index score (ISIS) : a simple pre-operative score to select patients for arthroscopic or open shoulder stabilisation. Journal of Bone and Joint Surgery (Br), 2007. Le score de référence pour orienter entre Bankart arthroscopique et butée de Latarjet selon l'âge, l'hyperlaxité, le sport et la perte osseuse.
Rééducation après Latarjet et retour au sport
- Fedorka CJ, Mulcahey MK — Recurrent anterior shoulder instability : a review of the Latarjet procedure and its postoperative rehabilitation. The Physician and Sportsmedicine, 2015. Revue des principes de rééducation après butée coracoïdienne.
- SFA — Société Francophone d'Arthroscopie. Société savante de référence pour la chirurgie arthroscopique de l'épaule, dont la réparation de Bankart.
Sociétés savantes françaises
- SOFCOT — Société Française de Chirurgie Orthopédique et Traumatologique. La société savante française de chirurgie orthopédique, qui édite les référentiels de prise en charge de l'instabilité de l'épaule.
Information médicale grand public. Conformément à la loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé (loi Kouchner), les informations présentées sur cette page ont une vocation pédagogique et ne se substituent en aucun cas à une consultation médicale. Seul un examen clinique réalisé par un chirurgien orthopédiste permet d'établir un diagnostic et de proposer une prise en charge adaptée à votre situation personnelle.
En cas d'urgence — luxation aiguë non réduite, plaie ouverte, déformation, déficit neurologique, fièvre — composez le 15 (SAMU) ou présentez-vous aux urgences de la Polyclinique Saint-Roch — 04 67 61 88 88.
Questions fréquentes sur le protocole My Shoulder instabilité
Pourquoi un protocole baptisé My Shoulder ?
Quelle différence entre une butée de Latarjet et une réparation de Bankart ?
Combien de temps porter l'attelle après une butée ou un Bankart ?
Quand puis-je conduire après une stabilisation de l'épaule ?
Pourquoi faut-il éviter la rotation externe et la position d'armé ?
Pourquoi pas de renforcement du biceps avant 3 mois après un Latarjet ?
Quand puis-je reprendre le sport, et le sport de contact ?
Pourquoi un scanner de contrôle à 3 mois après une butée de Latarjet ?
Le kinésithérapeute peut-il adapter ce protocole ?
Quand puis-je reprendre le travail ?
Quel est le risque de récidive de luxation après l'opération ?
Une question sur votre rééducation après stabilisation de l'épaule ?
Le Dr Yannick Roussanne consulte à la Polyclinique Saint-Roch de Montpellier pour la prise en charge de l'instabilité de l'épaule, la butée de Latarjet, la réparation de Bankart et le suivi post-opératoire.
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