CHIRURGIE ORTHOPÉDIQUE et TRAUMATOLOGIQUE - MONTPELLIER
CHIRURGIE OSSEUSE ET ARTICULAIRE - CHIRURGIE PROTHÉTIQUE - CHIRURGIE ARTHROSCOPIQUE - CHIRURGIE DU SPORT
Anatomie de l'épaule
Les structures osseuses
Les pièces osseuses de l'épaule sont au nombre de trois :
- L'humérus est l'os du bras, mesurant en moyenne 30 à 33 cm. Sa tête humérale, en forme de portion de sphère d'environ 50 mm de diamètre, s'articule avec la glène de la scapula.
- La scapula (omoplate) est un os plat triangulaire de 15 à 18 cm de hauteur, qui s'articule avec l'humérus par l'intermédiaire de la glène (cavité glénoïdale d'environ 25 à 30 mm de hauteur) et avec la clavicule par l'articulation acromio-claviculaire.
- La clavicule est l'os allongé de 14 à 16 cm qui unit le sternum à la scapula par deux articulations : l'articulation acromio-claviculaire et l'articulation sterno-claviculaire.
Les surfaces articulaires
L'épaule est en réalité constituée de trois articulations qui agissent en synergie pour produire chaque mouvement :
- L'articulation gléno-humérale — l'articulation principale de l'épaule, où une tête humérale d'environ 50 mm de diamètre s'emboîte sur une glène de 25 à 30 mm seulement (rapport 2:1). La surface réelle de contact représente environ 30 % de la tête humérale — l'équivalent d'une orange posée sur une soucoupe.
- L'articulation acromio-claviculaire — unit le membre supérieur au thorax via la clavicule (détaillée ci-dessous)
- L'articulation scapulo-thoracique — surface de glissement entre la scapula et le thorax, qui contribue à environ un tiers de l'élévation totale du bras
Ces surfaces sont recouvertes de cartilage d'environ 2 à 3 mm d'épaisseur qui permet le glissement des pièces osseuses. Elles sont circonscrites par une capsule articulaire.
La capsule articulaire, les ligaments, le labrum
La capsule articulaire est une enveloppe fibreuse qui unit les os entre eux. Au repos, elle représente environ deux fois le volume de la tête humérale — c'est cette ampleur qui autorise la mobilité extrême de l'épaule, mais qui explique aussi sa fragilité face aux luxations. Elle est renforcée par les ligaments gléno-huméraux (supérieur, moyen, inférieur) permettant de stabiliser les pièces osseuses. Sa face interne produit le liquide synovial qui nourrit le cartilage.
L'épaule est l'une des articulations les plus instables du corps : la tête de l'humérus est une large sphère posée sur un petit socle qu'est la glène. La stabilité repose donc principalement sur les ligaments et sur le labrum (bourrelet glénoïdien), structure fibro-cartilagineuse qui augmente la profondeur de la glène d'environ 50 % et double pratiquement la surface de contact disponible. Sans labrum, la stabilité de l'épaule s'effondre.
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L'articulation acromio-claviculaire
L'articulation acromio-claviculaire (AC) unit l'extrémité latérale de la clavicule à l'acromion de la scapula. C'est une articulation synoviale plane de petite taille — sa surface mesure environ 9 mm de hauteur sur 19 mm de largeur — mais qui joue un rôle stratégique : elle est l'unique pont osseux entre le membre supérieur et le squelette axial.
Un fibrocartilage intra-articulaire (ménisque acromio-claviculaire), présent chez environ 50 % des sujets, améliore la congruence des surfaces. Il dégénère précocement, ce qui fait de l'arthrose acromio-claviculaire l'une des arthroses les plus universelles du corps humain : les études IRM sur épaules asymptomatiques montrent une prévalence globale de 70 %, qui suit une progression nette avec l'âge — ~10 % avant 30 ans, ~25 % entre 30 et 40 ans, 75 à 80 % entre 40 et 50 ans (devenu « la norme après 40 ans » dans la littérature récente), et près de 100 % après 70 ans. Heureusement, seuls 20 à 30 % de ces porteurs sont symptomatiques : la majorité des arthroses AC visibles à l'imagerie sont silencieuses cliniquement, ce qui rend leur interprétation diagnostique délicate.
Sa stabilité repose sur deux systèmes ligamentaires complémentaires :
- Les ligaments acromio-claviculaires (capsule articulaire renforcée en avant, en arrière et au-dessus) — assurent la stabilité horizontale (antéro-postérieure) de la clavicule par rapport à l'acromion
- Les ligaments coraco-claviculaires — le conoïde (postéro-médial) et le trapézoïde (antéro-latéral), tendus entre le processus coracoïde et la face inférieure de la clavicule à environ 2 à 3 cm de son extrémité latérale. Ils assurent la stabilité verticale (suspension de la clavicule au-dessus de la scapula) et peuvent supporter jusqu'à 500 N de traction avant rupture
L'articulation autorise une amplitude propre limitée (quelques degrés en glissement), mais elle participe surtout à la rotation de la clavicule autour de son grand axe (jusqu'à 40 à 50°), rotation indispensable à l'élévation complète du bras au-dessus de la tête.
La bourse sous-acromiale
La bourse sous-acromiale est une zone de glissement située entre la partie supérieure des tendons de la coiffe des rotateurs et l'acromion, sous le deltoïde. D'un volume normal de 5 à 10 mL, c'est la plus grande bourse séreuse du corps humain. Elle facilite le glissement des muscles de la coiffe sous l'arche acromiale. Elle peut être le siège d'une inflammation aiguë ou chronique (bursite) ou d'une fibrose qui peut multiplier son volume initial par 5 à 10.
Il existe également une bourse sous-coracoïdienne, située en avant entre le sous-scapulaire et le processus coracoïde.
Les muscles de l'épaule
Les principaux muscles sont les muscles de la coiffe des rotateurs, au nombre de quatre, dont les tendons s'insèrent sur le tubercule majeur (3 tendons) et mineur (1 tendon) de l'humérus :
- Le sus-épineux (supraspinatus) — élévateur du bras, tendon le plus exposé : il passe dans un défilé étroit de seulement 5 à 7 mm entre acromion et tête humérale, d'où sa très haute fréquence de rupture après 50 ans
- L'infra-épineux (infraspinatus) — rotateur externe principal, assure environ 60 % de la force de rotation externe
- Le petit rond (teres minor) — rotateur externe complémentaire
- Le sous-scapulaire (subscapularis) — seul rotateur interne de la coiffe, assure plus de 50 % de la force de rotation interne
Le deltoïde, muscle superficiel qui donne le galbe de l'épaule, est l'élévateur le plus puissant du bras — il peut générer jusqu'à 10 fois plus de force que la coiffe des rotateurs, mais nécessite la coiffe pour stabiliser la tête humérale et éviter qu'elle ne « monte » contre l'acromion.
▶ Vidéo — La coiffe des rotateurs
Le tendon du long biceps
Le tendon du chef long du biceps brachial est une structure anatomique singulière : c'est le seul tendon du corps humain qui traverse l'intérieur d'une articulation. Cette particularité explique son implication fréquente dans les pathologies douloureuses de l'épaule.
Son trajet est en plusieurs temps :
- Origine intra-articulaire sur le tubercule supra-glénoïdien de la scapula et le labrum supérieur, dans la cavité gléno-humérale
- Trajet intra-articulaire d'environ 30 à 35 mm, traversant l'articulation au-dessus de la tête humérale
- Sortie par la coulisse bicipitale (sillon intertuberculaire) — canal osseux d'environ 30 mm de longueur et 4 à 6 mm de profondeur, entre tubercules majeur et mineur
- Le tendon mesure environ 5 à 6 mm de diamètre dans la coulisse
Sa stabilité dans la coulisse est assurée par la poulie bicipitale, dispositif fibreux constitué du ligament gléno-huméral supérieur, du ligament coraco-huméral et de fibres tendineuses du sous-scapulaire et du sus-épineux. Cette poulie est lésée dans environ 30 à 50 % des ruptures de la coiffe des rotateurs, entraînant subluxation puis luxation médiale du tendon hors de sa coulisse.
Sur le plan fonctionnel, le long biceps participe à la flexion du coude et à la supination de l'avant-bras. Son rôle sur l'épaule reste débattu : il aurait un effet stabilisateur modeste, essentiellement en abaissant la tête humérale lors des mouvements d'élévation.
L'épaule en chiffres-clés
Pour mieux visualiser l'anatomie et les enjeux mécaniques de cette articulation singulière :
- 3 os (humérus, scapula, clavicule) et 3 articulations (gléno-humérale, acromio-claviculaire, scapulo-thoracique)
- 4 muscles de la coiffe des rotateurs (sus-épineux, infra-épineux, petit rond, sous-scapulaire) + 1 tendon traversant l'articulation : le long biceps
- Tête humérale ~50 mm de diamètre, glène ~25 à 30 mm de hauteur → rapport 2:1
- Surface de contact réelle gléno-humérale : environ 30 % seulement (vs 50 à 70 % pour la hanche)
- Profondeur de la glène augmentée d'environ 50 % grâce au labrum
- Capsule articulaire au repos : ~2 fois le volume de la tête humérale
- Amplitudes physiologiques : 180° de flexion antérieure, 180° d'abduction, 90° de rotation externe, ~80° de rotation interne
- Surface articulaire acromio-claviculaire : environ 9 × 19 mm, avec un fibrocartilage présent chez ~50 % des sujets
- Rotation claviculaire indispensable à l'élévation complète : 40 à 50°
- Arthrose AC à l'IRM (épaules asymptomatiques) : ~25 % à 30-40 ans, 75 à 80 % à 40-50 ans, ~100 % après 70 ans — seuls 20 à 30 % sont symptomatiques
- Disjonctions acromio-claviculaires : 9 à 12 % des lésions traumatiques d'épaule, jusqu'à 40 % chez le sportif de contact
- Trajet intra-articulaire du long biceps : 30 à 35 mm, dans une coulisse osseuse de ~30 mm
- Pathologies du long biceps : identifiées dans 20 à 30 % des arthroscopies d'épaule
- Défilé sous-acromial pour le sus-épineux : 5 à 7 mm seulement
- Volume de la bourse sous-acromiale : 5 à 10 mL — la plus grande bourse séreuse du corps
- Force du deltoïde : jusqu'à 10 fois supérieure à celle de la coiffe des rotateurs
- Pic de fréquence des ruptures de coiffe : à partir de 50 ans
- Population adulte présentant au moins un épisode douloureux d'épaule au cours de la vie : environ 70 %
Sources scientifiques
Les données chiffrées et anatomiques présentées sur cette page sont issues de la littérature de référence — ouvrages d'anatomie classiques (Kapandji, Calais-Germain, Netter, Gray's Anatomy), recommandations des sociétés savantes (SOFCOT, BESS, AAOS, HAS) et études publiées (Rajagopalan 2022, Snyder 1990, Petersson 1983, etc.).
Voir toutes les références utilisées
Ouvrages d'anatomie de référence
- Kapandji A.I. Anatomie fonctionnelle — Tome 1 : Membre supérieur (épaule, coude, prono-supination, poignet, main). 7ᵉ édition, Maloine, 2018.
- Calais-Germain B. Anatomie pour le mouvement — Tome 1 : Introduction à l'analyse des techniques corporelles. Éditions DésIris.
- Netter F.H. Atlas d'anatomie humaine. Elsevier Masson, dernière édition.
- Gray's Anatomy — Standring S., Anatomy of the Shoulder, 42ᵉ édition, Elsevier, 2020.
Articulation acromio-claviculaire
- Rajagopalan K. et al. Prevalence of acromioclavicular joint osteoarthritis in people not seeking care: A systematic review. JSES International, 2022 (PMC9142378). Méta-analyse de 10 études, 1831 épaules : 48 % des cadavres et 70 % des IRM asymptomatiques présentent des signes d'arthrose AC.
- Rajagopalan K. et al. MRI Findings of Acromioclavicular Joint Osteoarthritis are the Norm after Age 40. JSES, 2023.
- Petersson C.J. Degeneration of the acromioclavicular joint. A morphological study. Acta Orthopaedica Scandinavica, 1983 — référence classique.
- Rockwood C.A. Jr. Classification des disjonctions acromio-claviculaires (6 stades), in The Shoulder, Elsevier.
- SOFCOT — Société Française de Chirurgie Orthopédique et Traumatologique. Recommandations sur la prise en charge des disjonctions acromio-claviculaires.
Coiffe des rotateurs
- BESS — British Elbow and Shoulder Society. Guidelines on Rotator Cuff Repair, mise à jour 2023.
- AAOS — American Academy of Orthopaedic Surgeons. Clinical Practice Guidelines — Management of Rotator Cuff Injuries, 2019.
- HAS — Haute Autorité de Santé. Recommandations sur la prise en charge des tendinopathies de la coiffe.
- Yamamoto A. et al. Prevalence and risk factors of a rotator cuff tear in the general population. Journal of Shoulder and Elbow Surgery, 2010.
Tendon du long biceps et lésions du labrum
- Snyder S.J. et al. SLAP lesions of the shoulder. Arthroscopy, 1990 — description originale et classification des lésions SLAP.
- Lafosse L. et al. Tenotomy and tenodesis of the long head of biceps tendon. Études comparatives techniques et résultats fonctionnels.
- Reviews et méta-analyses 2018-2023 sur les indications et résultats de ténotomie vs ténodèse du long biceps (Journal of Shoulder and Elbow Surgery, Arthroscopy).
Amplitudes articulaires et biomécanique
- Kapandji A.I. — amplitudes physiologiques de l'épaule, rapports tête humérale-glène, biomécanique de la stabilité passive.
- Saha A.K. The classic — Mechanism of shoulder movements and a plea for the recognition of "zero position" of glenohumeral joint. Clinical Orthopaedics and Related Research.
- Inman V.T., Saunders J.B., Abbott L.C. Observations on the function of the shoulder joint. JBJS, 1944 — étude fondatrice sur le rythme scapulo-huméral.
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Questions fréquentes — Anatomie de l'épaule
Réponses du Dr Yannick Roussanne, chirurgien orthopédiste spécialiste du membre supérieur à la Polyclinique Saint-Roch de Montpellier.
L'épaule combine 3 articulations distinctes (gléno-humérale, acromio-claviculaire, scapulo-thoracique) qui agissent en synergie pour permettre des mouvements dans les 3 plans de l'espace, avec des amplitudes physiologiques de 180° en flexion antérieure et abduction, 90° en rotation externe et environ 80° en rotation interne. Cette mobilité exceptionnelle permet de positionner la main avec force et précision où l'on veut. Elle s'acquiert au prix d'une stabilité naturellement limitée : la tête humérale (50 mm de diamètre) repose sur un socle plus petit, la glène (25 à 30 mm). La stabilité est donc assurée principalement par un système musculo-ligamentaire complexe — capsule, ligaments, labrum et coiffe des rotateurs — qui peut être lésé en cas de traumatisme ou d'usure.
L'épaule est constituée de trois articulations qui fonctionnent ensemble : gléno-humérale (l'articulation principale), acromio-claviculaire (qui unit la clavicule à la scapula), et scapulo-thoracique (glissement omoplate-thorax, qui contribue à environ un tiers de l'élévation totale du bras). L'articulation gléno-humérale, entre la tête de l'humérus et la glène de la scapula, autorise la majeure partie des mouvements et concentre la plupart des pathologies (rupture de coiffe, instabilité, arthrose). L'articulation acromio-claviculaire stabilise le membre supérieur au thorax via la clavicule et peut être atteinte par disjonction ou arthrose. L'articulation scapulo-thoracique est en réalité une surface de glissement entre la face profonde de la scapula et le grill costal.
La coiffe des rotateurs est l'ensemble des quatre tendons qui coiffent la tête humérale et stabilisent l'épaule en synergie avec le deltoïde : sus-épineux, infra-épineux, petit rond et sous-scapulaire. Le sus-épineux (supraspinatus) est l'élévateur principal du bras et le tendon le plus souvent atteint lors des ruptures de coiffe, car il passe dans un défilé étroit de seulement 5 à 7 mm entre l'acromion et la tête humérale. L'infra-épineux et le petit rond assurent la rotation externe (à eux deux environ 60 % de la force totale). Le sous-scapulaire est le seul rotateur interne de la coiffe et assure plus de 50 % de la force de rotation interne. Une atteinte d'un ou plusieurs de ces tendons (rupture, calcification, conflit sous-acromial) est la pathologie la plus fréquente de l'épaule à partir de 50 ans.
Le tendon du chef long du biceps est le seul tendon du corps humain qui traverse l'intérieur d'une articulation : il naît du tubercule supra-glénoïdien de la scapula et du labrum supérieur, parcourt environ 30 à 35 mm dans la cavité gléno-humérale, puis sort par la coulisse bicipitale (un canal osseux d'environ 30 mm entre les tubercules majeur et mineur de l'humérus) pour rejoindre le corps du biceps. Cette situation l'expose à de nombreuses pathologies, identifiées dans 20 à 30 % des arthroscopies d'épaule : tendinopathie inflammatoire (souvent associée à une atteinte de la coiffe dans plus de 80 % des cas), instabilité (subluxation ou luxation hors de la coulisse — la poulie bicipitale est lésée dans 30 à 50 % des ruptures de la coiffe), rupture spontanée (signe de Popeye : boule musculaire au bras, avec une perte de force de supination de 10 à 20 % seulement), et lésions de son ancrage supérieur (lésion SLAP, 3 à 6 % des lésions arthroscopiques, surtout chez le sportif de moins de 40 ans). Le traitement chirurgical, lorsqu'il est nécessaire, consiste en une ténotomie ou une ténodèse, avec d'excellents résultats fonctionnels dans plus de 90 % des cas.
L'articulation acromio-claviculaire unit l'extrémité latérale de la clavicule à l'acromion de la scapula. C'est une petite articulation synoviale (environ 9 × 19 mm) mais stratégique, car c'est le seul pont osseux entre le membre supérieur et le squelette axial. Sa stabilité repose sur deux systèmes ligamentaires complémentaires : les ligaments acromio-claviculaires (stabilité horizontale) et les ligaments coraco-claviculaires — conoïde et trapézoïde — situés à 2 à 3 cm de l'extrémité claviculaire (stabilité verticale, ils peuvent supporter jusqu'à 500 N de traction). La disjonction acromio-claviculaire survient lors d'un choc direct sur le moignon de l'épaule et représente 9 à 12 % des lésions traumatiques de l'épaule, jusqu'à 40 % chez le sportif de contact (rugby, ski, judo, vélo). Sa gravité est classée en 6 stades (classification de Rockwood) : les stades I-II (~85 % des cas) sont traités sans chirurgie (immobilisation 2 à 4 semaines, kinésithérapie), le stade III reste discuté, et les stades IV-VI nécessitent quasi systématiquement une reconstruction chirurgicale (technique Weaver-Dunn arthroscopique double bouton EndoButton, en ambulatoire).
Le labrum, aussi appelé bourrelet glénoïdien, est une structure fibro-cartilagineuse qui borde la glène et augmente sa profondeur d'environ 50 %, améliorant la congruence articulaire et la stabilité de l'épaule. Sans le labrum, la glène serait trop plate pour stabiliser une tête humérale aussi sphérique (rapport 2:1 entre tête et glène) : il joue le rôle d'un calage articulaire et sert d'ancrage à des ligaments stabilisateurs ainsi qu'à l'origine du tendon du long biceps. Sa déchirure, en particulier la lésion de Bankart antérieure, est la cause principale de luxation récidivante de l'épaule chez le sujet jeune et sportif. Sa déchirure supérieure (lésion SLAP) intéresse l'ancrage du long biceps. Le diagnostic se fait par IRM avec injection (arthro-IRM) et le traitement, lorsqu'il est nécessaire, repose sur une réinsertion arthroscopique.
La bourse sous-acromiale est une zone de glissement située entre la partie supérieure des tendons de la coiffe des rotateurs et l'acromion, sous le muscle deltoïde. D'un volume normal de 5 à 10 mL, c'est la plus grande bourse séreuse du corps humain. Elle facilite le glissement de la coiffe sous l'arche acromiale durant les mouvements d'élévation. Elle peut être le siège d'une inflammation aiguë ou chronique (bursite sous-acromiale) ou d'une fibrose qui peut multiplier son volume par 5 à 10, à l'origine de douleurs caractéristiques. La bursite est souvent associée à un conflit sous-acromial ou à une atteinte de la coiffe. Il existe également une bourse sous-coracoïdienne, située en avant, entre le tendon du sous-scapulaire et le processus coracoïde.
L'innervation de l'épaule provient de plusieurs racines cervicales (principalement C5-C6), donc une douleur originaire de l'épaule peut irradier le long du bras jusqu'au coude, voire au-delà. Cette irradiation est typique des pathologies de la coiffe des rotateurs (sus-épineux notamment) : la douleur de la face latérale de l'épaule descend vers la région deltoïdienne et le bras. Une atteinte du tendon du long biceps irradie plutôt à la face antérieure du bras. À l'inverse, une douleur cervicale (hernie discale, arthrose) peut être ressentie comme une douleur d'épaule. L'examen clinique permet généralement de faire la part des choses ; en cas de doute, un bilan d'imagerie (radiographie, IRM, parfois ENMG) est utile.
Une rupture de tendon concerne la zone d'attache du muscle à l'os (souvent dégénérative et fréquente sur la coiffe des rotateurs après 50 ans), alors qu'une rupture musculaire touche le corps même du muscle (souvent traumatique, lors d'un effort). Sur l'épaule, la rupture la plus fréquente concerne les tendons de la coiffe des rotateurs, en particulier le sus-épineux. Elle peut être partielle ou complète, dégénérative (usure) ou post-traumatique. La rupture du tendon du long biceps est également fréquente et donne le signe de Popeye caractéristique avec une perte de force de supination limitée (10 à 20 %). Les ruptures musculaires sont plus rares sur l'épaule. Le diagnostic différentiel se fait à l'examen clinique et par imagerie (échographie, IRM).
Une douleur d'épaule persistante au-delà de quelques semaines doit conduire à consulter un chirurgien orthopédiste spécialisé du membre supérieur, qui posera le diagnostic et orientera vers le traitement adapté. Les douleurs aiguës peuvent être prises en charge par le médecin traitant en première intention (anti-inflammatoires, repos, parfois infiltration). Si la douleur devient chronique, gêne le sommeil, limite la mobilité ou empêche les gestes du quotidien, l'avis d'un chirurgien orthopédiste s'impose. À Montpellier, le Dr Roussanne et le Dr Geiss assurent ces consultations spécialisées au cabinet Orthodoc à la Polyclinique Saint-Roch.
Information à visée pédagogique conforme à la loi du 4 mars 2002 sur l'information loyale, claire et appropriée. Ne se substitue pas à une consultation médicale individualisée. En cas d'urgence, contactez le 15 (SAMU) ou le service des urgences de la Polyclinique Saint-Roch au 04 67 61 88 88.
Prenez rendez-vous avec le Dr Roussanne ou le Dr Geiss pour un bilan personnalisé.
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