CHIRURGIE ORTHOPÉDIQUE et TRAUMATOLOGIQUE - MONTPELLIER
CHIRURGIE OSSEUSE ET ARTICULAIRE - CHIRURGIE PROTHÉTIQUE - CHIRURGIE ARTHROSCOPIQUE - CHIRURGIE DU SPORT
Calcifications de l'épaule
Le Dr Yannick Roussanne et le Dr Laurent Geiss, chirurgiens orthopédistes spécialisés en chirurgie arthroscopique de l'épaule à Montpellier, vous présentent les calcifications tendineuses de l'épaule et leurs options thérapeutiques.
Anatomie et physiopathologie
L'épaule est une articulation complexe dont la mobilité repose sur un équilibre subtil entre les os (humérus, omoplate, clavicule), les tendons de la coiffe des rotateurs, la bourse sous-acromiale et l'auvent acromial. Comprendre cette anatomie est essentiel pour appréhender le mécanisme des calcifications tendineuses.
Découvrir l'anatomie de l'épaule →
Qu'est-ce qu'une calcification de la coiffe des rotateurs ?
Les calcifications sont des dépôts calciques situés au sein des tendons de la coiffe des rotateurs. Elles sont fréquentes (environ 10 % de la population) mais le plus souvent asymptomatiques. Elles peuvent être situées dans tous les tendons de la coiffe, le supra-épineux étant le plus fréquemment touché (80 % des cas).
Les calcifications sont parfois découvertes de façon fortuite sur des radiographies sans que le patient ne présente de symptômes. Le plus souvent elles sont découvertes au cours ou au décours d'un épisode douloureux associé à une impotence fonctionnelle majeure : c'est ce que l'on appelle « l'épaule aiguë hyperalgique ».
Ces phénomènes douloureux sont causés par la rupture de la calcification, qui est une petite poche contenant des cristaux de calcium. Une fois libérés dans l'espace sous-acromial, ces cristaux déclenchent un phénomène inflammatoire très douloureux (48 à 72h de douleur intense). Cette crise est paradoxalement de bon pronostic car elle témoigne d'un processus de résorption spontanée.
Quels examens complémentaires sont nécessaires ?
Dans un premier temps, des radiographies et une échographie permettent d'avoir une orientation diagnostique en corrélation avec l'examen clinique du chirurgien. Ces examens permettent de vérifier l'absence d'arthrose et de confirmer ou non la présence d'une lésion tendineuse ou d'une calcification.
Il s'agit du bilan de débrouillage qui sera complété le plus souvent par un arthroscanner ou une IRM afin de localiser précisément la calcification, d'évaluer sa taille par rapport à l'épaisseur du tendon et de définir les gestes de réparation nécessaires.
Classification des calcifications
- Type A : calcification unique, dense, homogène, à contours nets — souvent stable
- Type B : calcification dense, multilobée — évolution variable
- Type C : calcification inhomogène, contours flous — souvent en phase de résorption
Le traitement médical
En cas de crise hyperalgique
Le traitement de la crise aiguë repose sur :
- Mise au repos complet de l'épaule par immobilisation dans une attelle, avec arrêt des activités sportives et professionnelles. Un arrêt de travail est le plus souvent indispensable dans les premiers jours.
- Antalgiques pour calmer les douleurs
- Anti-inflammatoires en l'absence de contre-indication
- Infiltration de corticoïdes dans la bourse sous-acromiale si nécessaire pour passer le cap douloureux
Pour tenter d'éliminer la calcification
Différents traitements médicaux peuvent être proposés, mais leur efficacité varie en fonction de la taille et de la localisation de la lésion :
- Kinésithérapie + anti-inflammatoires en première intention
- Ponctions-triturations sous échographie ou radiographie
Le traitement chirurgical : l'ablation arthroscopique
Si après un traitement médical bien conduit pendant 6 à 12 mois, les douleurs persistent, le traitement chirurgical pourra être proposé. Toutes les calcifications ne relèvent pas d'un traitement chirurgical car elles ne sont parfois pas responsables des symptômes douloureux.
Vidéo de l'intervention
Vidéo : évacuation sous arthroscopie d'une calcification de l'épaule.
Déroulement de l'intervention
L'intervention est réalisée sous anesthésie loco-régionale (dans près de 90 % des cas), parfois associée à une anesthésie générale. L'anesthésie loco-régionale permet d'éviter les douleurs pendant l'intervention et assure une couverture antalgique pendant une vingtaine d'heures après la chirurgie.
L'intervention se déroule en position semi-assise, comme si vous étiez dans un transat. Pour votre confort, une sédation est proposée. Nous utilisons également la musique et les casques de réalité virtuelle pour vous détendre.
La durée de l'intervention est de 30 à 45 minutes en fonction des gestes à réaliser. Avant de remonter dans votre chambre, une radiographie de contrôle sera réalisée en salle de réveil.
Suites opératoires et rééducation
- Immobilisation : attelle coude au corps (ou d'abduction) pendant 3 semaines
- Auto-rééducation : exercices appris avant la sortie par le kinésithérapeute du service — 5 minutes, 5 fois par jour dès le retour à la maison
- Utilisation de la main : vous êtes autorisé à sortir le bras de l'attelle en position allongée ou assise pour le coude, le poignet et les doigts (lecture, repas, habillage)
- Soins infirmiers : prise en charge le soir même par une infirmière à domicile. Pansement refait le lendemain puis tous les 3 jours. Stéristrips retirés à 15 jours.
- Consultation médecin rééducateur : au 21e jour — examen, conseils, prescription de la rééducation
- Rééducation en ville : chez votre kinésithérapeute habituel, selon les recommandations du médecin rééducateur. La balnéothérapie est fortement conseillée.
- Durée totale de la rééducation : 3 à 6 mois
- Suivi chirurgien : consultation au 45e jour puis tous les 45 jours jusqu'à la fin de la rééducation
Voir le protocole d'auto-rééducation de l'épaule →
Les risques de l'intervention
Votre chirurgien vous expliquera les risques spécifiques liés à ce type de chirurgie lors de la consultation. Des documents vous seront également fournis explicitant en détail les risques les plus fréquents liés à la chirurgie de l'épaule et à l'anesthésie.
En dehors des risques liés à l'anesthésie, les complications possibles sont :
- Infection : rare mais possible, nécessitant un traitement antibiotique voire un lavage chirurgical
- Raideur post-opératoire : l'épaule peut s'enraidir temporairement — la rééducation est essentielle pour prévenir ce risque
- Algodystrophie (syndrome douloureux régional complexe) : rare, elle peut prolonger la durée de la rééducation
- Récidive : possible dans 5 à 10 % des cas
- Lésion tendineuse : les grosses calcifications peuvent laisser un défect tendineux qui nécessite une réparation
N'hésitez pas à poser toutes vos questions lors de l'entretien médical de consultation. Il est fondamental que vous compreniez à la fois ce dont vous souffrez, ce que le chirurgien vous propose et les risques du traitement.
Questions fréquentes — Calcifications de l'épaule
Réponses du Dr Yannick Roussanne, chirurgien orthopédiste spécialiste de l'épaule à la Polyclinique Saint-Roch de Montpellier.
Non, les calcifications de l'épaule sont très souvent asymptomatiques et découvertes fortuitement sur une radiographie réalisée pour une autre raison. Leur simple présence ne justifie aucun traitement.
La douleur n'est pas toujours liée à la calcification elle-même — elle peut être due à un conflit sous-acromial, une tendinopathie indépendante ou une autre pathologie associée.
Dans la grande majorité des cas, les calcifications évoluent favorablement sans intervention chirurgicale. La résorption spontanée survient fréquemment, parfois accompagnée d'une crise hyperalgique brutale (48-72h de douleur intense) qui est paradoxalement de bon pronostic.
Le traitement des calcifications s'organise par paliers :
- 1re intention : kinésithérapie + anti-inflammatoires
- Échec à 6-8 semaines : infiltration de corticoïdes dans la bourse sous-acromiale
- Douleurs persistantes malgré traitement médical bien conduit : ablation arthroscopique — rapide, ambulatoire, résultats excellents et reproductibles
Les ondes de choc et la ponction-lavage sont parfois proposées, mais leur efficacité n'est pas suffisamment démontrée pour les recommander en pratique courante.
Les ondes de choc et la ponction-lavage sous échographie sont des techniques dont l'efficacité réelle n'est pas solidement établie par les études cliniques rigoureuses. Les résultats sont inconstants et difficiles à reproduire d'un patient à l'autre.
L'ablation arthroscopique, en revanche, permet d'éliminer directement et complètement la calcification sous contrôle visuel direct. Elle offre des résultats fiables et reproductibles, avec une résolution durable des douleurs dans la grande majorité des cas. Elle est réalisée en 30 minutes, en ambulatoire, sous anesthésie loco-régionale.
En cas d'échec après 6 à 12 mois de prise en charge médicale, l'ablation arthroscopique est proposée. L'intervention dure 30 minutes, est réalisée en ambulatoire sous anesthésie loco-régionale.
Le chirurgien ponctionné et lave la calcification sous arthroscopie, avec acromioplastie associée si nécessaire. Résultats excellents dans plus de 90 % des cas. Reprise des activités en 6 à 8 semaines.
Prenez rendez-vous avec le Dr Roussanne ou le Dr Geiss pour un bilan personnalisé.
Prendre RDV Dr Roussanne — Doctolib Prendre RDV Dr Geiss — Doctolib
Dr Yannick Roussanne & Dr Laurent Geiss — Chirurgiens orthopédistes spécialistes de l'épaule
Polyclinique Saint-Roch — 550 avenue du Colonel André Pavelet, 34070 Montpellier
Tél. : 04 67 41 65 00
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