CHIRURGIE ORTHOPÉDIQUE et TRAUMATOLOGIQUE - MONTPELLIER
CHIRURGIE OSSEUSE ET ARTICULAIRE - CHIRURGIE PROTHÉTIQUE - CHIRURGIE ARTHROSCOPIQUE - CHIRURGIE DU SPORT
Syndrome douloureux sous-acromial (ancien « conflit sous-acromial »)
Le Dr Yannick Roussanne, chirurgien orthopédiste spécialisé en chirurgie de l'épaule à la Polyclinique Saint-Roch de Montpellier, vous présente cette pathologie et ses options thérapeutiques.
Anatomie et physiopathologie
L'épaule est une articulation complexe dont la mobilité repose sur un équilibre subtil entre les os (humérus, omoplate, clavicule), les tendons de la coiffe des rotateurs, la bourse sous-acromiale et l'auvent acromial.
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Qu'est-ce qu'une bursite / tendinopathie de la coiffe ?
Le « conflit sous-acromial » est une pathologie d'origine mécanique qui résulte du frottement de la face superficielle des tendons de la coiffe contre l'auvent acromial et le ligament acromio-coracoïdien, entraînant une inflammation de la bourse du même nom. Cela provoque des douleurs mécaniques dans les activités quotidiennes, professionnelles et sportives.
Le conflit et la bursite sont favorisés par certains sports (raquette, lancer), certaines professions manuelles et des facteurs anatomiques comme la morphologie de l'acromion.
Cette théorie mécanique, longtemps admise, est aujourd'hui remise en question. L'inflammation de la bourse résulte également de phénomènes biologiques avec le plus souvent un point de départ musculaire.
Quels sont les symptômes ?
La symptomatologie est dominée par les douleurs de l'épaule, surtout positionnelles. On retrouve également :
- Difficulté ou impossibilité de réaliser certains mouvements à cause de la raideur ou de la douleur
- Perte de force, d'autant plus importante qu'elle est associée à une rupture tendineuse
- Craquements, claquements ou sensation d'accrochage
- Douleurs nocturnes avec difficultés à dormir sur l'épaule
- Gêne pour la conduite ou pour taper sur un clavier
Ces douleurs évoluent de façon cyclique et sont habituellement calmées par les antalgiques classiques ou les anti-inflammatoires.
Quels examens complémentaires ?
Des radiographies et une échographie permettent une orientation diagnostique. Ces examens seront complétés par un arthroscanner ou une IRM.
Les traitements
Traitement médical — toujours en première intention
- Mise au repos relatif de l'épaule avec arrêt temporaire des activités douloureuses
- Rééducation — pilier du traitement : renforcement musculaire, éducation thérapeutique, exercices d'auto-rééducation
- Prise d'antalgiques pour calmer les douleurs
- Anti-inflammatoires en cas de poussée douloureuse
- Infiltration(s) pour passer un cap douloureux difficile
Traitement chirurgical — après échec du traitement médical
Si après un traitement médical bien conduit pendant au moins 6 mois les douleurs persistent, la chirurgie peut être proposée. Elle comprend :
- Bursectomie sous-acromiale
- Acromioplastie (rabotage de la face inférieure de l'acromion) + section du ligament acromio-coracoïdien
- Ténotomie ou ténodèse du long biceps si le tendon est atteint — sans incidence sur la fonction de l'épaule
Intervention réalisée sous arthroscopie, sous anesthésie loco-régionale, en ambulatoire.
Déroulement de la chirurgie
- Anesthésie : loco-régionale dans 90% des cas, parfois associée à une anesthésie générale légère
- Position : semi-assise (beach chair). Sédation, musique et casques de réalité virtuelle disponibles pour votre confort
- Durée : 30 à 45 minutes selon les gestes à réaliser
- Hospitalisation : ambulatoire (retour à domicile le jour même) ou 24h selon votre situation
Les suites de l'intervention
L'attelle coude au corps est portée de façon intermittente pendant 3 semaines. Dès votre retour à domicile, vous réalisez les exercices d'autorééducation enseignés par le kinésithérapeute de la clinique : 5 minutes, 5 fois par jour.
- Infirmière à domicile dès le soir de l'intervention
- Pansements refaits tous les 3 jours — steri-strips retirés à J15
- Consultation de suivi avec le médecin rééducateur à J21
- Rééducation kinésithérapeutique : 2 à 3 séances par semaine, durée totale 3 à 6 mois
Les risques spécifiques
- Capsulite ou algodystrophie — enraidissement et douleurs prolongées
- Infection — risque faible (2 à 5%)
- Hématome post-opératoire
Questions fréquentes — Bursite et syndrome sous-acromial
Ces trois termes décrivent en réalité des aspects d'une même pathologie. La tendinopathie désigne l'atteinte des tendons de la coiffe. La bursite est l'inflammation de la bourse séreuse sous-acromiale. Le syndrome douloureux sous-acromial (ancien "conflit sous-acromial") est le terme global qui les englobe. Aujourd'hui, on préfère ce dernier terme car il reflète mieux la complexité de la pathologie, qui n'est pas seulement mécanique mais aussi biologique.
Oui — dans la grande majorité des cas. Le traitement médical (rééducation, antalgiques, infiltrations) permet d'obtenir une amélioration significative. La chirurgie n'est envisagée qu'après échec d'un traitement conservateur bien conduit pendant au moins 6 mois. La rééducation est le pilier du traitement — elle demande du temps et une implication active du patient.
La durée habituelle est de 3 à 6 mois. Les exercices d'autorééducation débutent dès le retour à domicile (5 min, 5 fois/jour). La rééducation avec le kinésithérapeute commence à J21 — 2 à 3 séances par semaine. La balnéothérapie est fortement recommandée dès que les cicatrices sont fermées.
Pour les sports sans sollicitation de l'épaule (marche, vélo) : dès 4 à 6 semaines. Pour la natation : 2 à 3 mois. Pour les sports de raquette ou de lancer : 4 à 6 mois. La reprise est toujours validée par votre chirurgien lors des consultations de suivi.
Non — l'intervention est réalisée sous arthroscopie avec 3 à 4 petites incisions de 5 mm environ. Ces micro-cicatrices deviennent pratiquement invisibles à long terme. Protégez-les du soleil pendant 3 mois pour éviter la pigmentation.
Travail de bureau : 2 à 4 semaines. Travail physique (bras levés, port de charges) : 2 à 3 mois. Une visite auprès du médecin du travail peut être nécessaire avant la reprise d'un poste physique. Ces durées sont indicatives et seront précisées lors de la consultation de suivi à J21.
Prenez rendez-vous avec le Dr Roussanne ou le Dr Geiss pour un bilan personnalisé.
Polyclinique Saint-Roch — 550 avenue du Colonel André Pavelet, 34070 Montpellier
Tél. : 04 67 41 65 00
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