CHIRURGIE ORTHOPÉDIQUE et TRAUMATOLOGIQUE - MONTPELLIER
CHIRURGIE OSSEUSE ET ARTICULAIRE - CHIRURGIE PROTHÉTIQUE - CHIRURGIE ARTHROSCOPIQUE - CHIRURGIE DU SPORT
Réparation de Bankart — stabilisation arthroscopique de l'épaule
Une épaule qui s'est déjà luxée et qui « lâche » dès qu'on lève le bras ? Quand l'os de la glène est intact, le Dr Roussanne répare le bourrelet arraché sous arthroscopie, par quelques incisions de la taille d'une mine de crayon, pour rendre à l'épaule son verrou naturel.
La réparation de Bankart est l'intervention de référence pour traiter l'instabilité antérieure de l'épaule lorsque le capital osseux est préservé. Elle est réalisée entièrement sous arthroscopie (vidéochirurgie) à la Polyclinique Saint-Roch de Montpellier : une chirurgie mini-invasive, peu douloureuse, qui réinsère le bourrelet glénoïdien là où il a été décollé.
Qu'est-ce que la lésion de Bankart ?
Lors d'une luxation vers l'avant, la tête de l'humérus glisse hors de la glène et arrache au passage le bourrelet glénoïdien (le labrum) de son insertion osseuse, sur le bord antéro-inférieur. Imaginez le joint en caoutchouc d'un couvercle de bocal qui se décolle : le couvercle ne tient plus en place. C'est exactement ce qui arrive au verrou de l'épaule.
Ce décollement, appelé lésion de Bankart, fait perdre à l'articulation sa butée naturelle. Le ligament gléno-huméral inférieur, principal frein au glissement vers l'avant, se retrouve lui aussi détendu. Tant que cette lésion n'est pas réparée, le risque de récidive reste élevé — surtout chez le sujet jeune et sportif. La réparation chirurgicale restaure le rempart anatomique et diminue fortement le risque de nouvelle luxation.
Pour qui ? Les indications
La réparation de Bankart arthroscopique est indiquée lorsque plusieurs conditions sont réunies :
- Instabilité antérieure récidivante confirmée cliniquement (appréhension lors de l'armé du bras) ;
- Lésion de Bankart objectivée à l'arthroscanner ou à l'IRM ;
- Pas de perte osseuse glénoïdienne significative — score ISIS ≤ 3 ;
- Absence d'encoche de Hill-Sachs engageante (l'encoche de la tête humérale ne vient pas s'accrocher sur le bord de la glène) ;
- Qualité tissulaire suffisante pour tenir la réparation.
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Déroulement de l'intervention
Anesthésie et installation
L'intervention se déroule sous anesthésie générale, le plus souvent associée à un bloc nerveux interscalénique qui prolonge l'analgésie environ 20 heures après la chirurgie. Le patient est installé en position semi-assise (« transat »). L'hospitalisation est ambulatoire dans la majorité des cas : retour à domicile le jour même.
La technique arthroscopique
Par 2 à 3 incisions de quelques millimètres, la caméra et les instruments sont introduits dans l'articulation. Le Dr Roussanne réalise :
- l'exploration complète de l'articulation et la confirmation des lésions ;
- l'avivage du bord osseux glénoïdien pour stimuler la cicatrisation ;
- la mise en place de 2 à 4 ancres résorbables sur le bord antéro-inférieur de la glène ;
- la réinsertion du bourrelet décollé et la remise en tension de la capsule et des ligaments gléno-huméraux distendus, à l'aide de fils très résistants.
La durée opératoire est d'environ 45 à 60 minutes. Les ancres se résorbent progressivement sans laisser de matériel.
Suites opératoires et rééducation
L'épaule est protégée par une attelle coude au corps intermittente pendant 21 jours (3 semaines), le temps que le bourrelet cicatrise sur l'os. L'attelle se porte par intermittence : elle est retirée plusieurs fois par jour pour les exercices et la toilette, puis remise pour protéger l'épaule au repos et la nuit. Elle est définitivement abandonnée à J21. Les doigts, le poignet et le coude sont mobilisés dès le départ ; la main reste utilisable pour lire, manger ou s'habiller.
- J0 → J3Retour à domicile le jour même. Attelle intermittente (retirée pour les exercices et la toilette), glaçage et antalgiques. Auto-rééducation enseignée à la sortie.
- J15Cicatrice : retrait des stéristrips. Pansements refaits tous les 3 jours jusque-là.
- J21Fin de l'attelle. 1re consultation de suivi (chirurgien ou médecin rééducateur) et prescription de kinésithérapie en ville.
- J452e consultation de suivi. Natation (brasse) autorisée ; course à pied avant 2 mois.
- J90 (3 mois)3e consultation de suivi. Renforcement et reprise progressive des activités.
- Mois 4Reprise des sports sans contact après validation des tests fonctionnels.
- Mois 6Reprise des sports de contact et d'armé-contré (rugby, handball, judo) — Bankart non indiqué en première intention pour ces sports.
Bankart ou butée : comment se décide le choix ?
Le choix se décide essentiellement sur le score ISIS (Instability Severity Index Score) : il combine l'âge, le type et le niveau de sport, l'hyperlaxité et les lésions osseuses repérées sur les radiographies. Un score ISIS ≤ 3 oriente vers la réparation de Bankart, qui retend la capsule et réinsère le bourrelet ; au-delà, la butée coracoïdienne prend l'avantage. L'arthroscanner, qui mesure précisément la perte osseuse glénoïdienne, vient confirmer et affiner cette décision.
La réparation de Bankart en chiffres-clés
- Indication privilégiée : instabilité antérieure avec score ISIS ≤ 3 et perte osseuse glénoïdienne non significative
- Lésion de Bankart retrouvée dans ~85 à 95 % des luxations antérieures
- Nombre d'ancres résorbables posées : 2 à 4 selon l'étendue du décollement
- Durée d'intervention : 45 à 60 minutes, en ambulatoire le plus souvent
- Attelle coude au corps intermittente : 21 jours (sevrage à J21)
- Consultations de suivi : J21, J45 et J90
- Rééducation : début à J21, 2 à 3 séances/semaine pendant 3 à 4 mois
- Reprise sportive : natation dès 45 jours, sports sans contact à 4 mois, sports de contact à 6 mois
- Taux de récidive après Bankart arthroscopique : ~10 à 15 % globalement, plus élevé (jusqu'à 25 %) chez le sportif de contact de moins de 25 ans avec lésions étendues
Quels sont les risques ?
En dehors des risques liés à l'anesthésie, les complications spécifiques restent rares :
- Récidive de luxation — principal risque, lié à la sélection de l'indication (perte osseuse, sport de contact) ;
- Raideur transitoire de l'épaule, le plus souvent récupérée par la rééducation ;
- Migration exceptionnelle d'une ancre ;
- Algodystrophie — complication possible après toute chirurgie de l'épaule, qui allonge les délais de récupération ;
- Infection — rare mais sérieuse.
Information médicale grand public. Conformément à la loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé (loi Kouchner), les informations présentées sur cette page ont une vocation pédagogique et ne se substituent en aucun cas à une consultation médicale. Seul un examen clinique réalisé par un chirurgien orthopédiste permet d'établir un diagnostic et de proposer une prise en charge adaptée à votre situation personnelle.
En cas d'urgence — fracture évidente, plaie ouverte, déformation, déficit neurologique, fièvre — composez le 15 (SAMU) ou présentez-vous aux urgences de la Polyclinique Saint-Roch — 04 67 61 88 00.
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Questions fréquentes — Réparation de Bankart
Réponses du Dr Yannick Roussanne, chirurgien orthopédiste spécialiste de l'épaule à la Polyclinique Saint-Roch de Montpellier.
La réparation de Bankart arthroscopique répare le tissu mou — le bourrelet glénoïdien et les ligaments — et convient quand l'os de la glène est intact ou très peu atteint (score ISIS ≤ 3). La butée coracoïdienne de type Latarjet est une reconstruction osseuse indiquée lorsque la perte osseuse glénoïdienne est significative, qu'il existe une encoche de Hill-Sachs engageante, ou en cas d'échec d'un premier Bankart. Le choix se fonde sur le bilan d'imagerie (arthroscanner) et sur le profil sportif du patient, et il est arrêté lors de la consultation préopératoire.
L'intervention de Bankart arthroscopique dure en moyenne 45 à 60 minutes. Elle est réalisée sous anesthésie générale, le plus souvent complétée par un bloc nerveux interscalénique pour le confort des premières heures. Dans la grande majorité des cas, le patient est admis le matin et rentre à domicile le jour même, en ambulatoire ; une nuit en clinique peut être proposée selon le contexte (douleur, distance, organisation à domicile).
La reprise est progressive. La natation en brasse est autorisée dès 45 jours et la course à pied avant 2 mois. Les sports sans contact reprennent vers 4 mois, et les sports de contact ou d'armé-contré (rugby, handball, judo, lancer) à partir de 6 mois, après validation des tests fonctionnels en kinésithérapie. Une reprise trop précoce expose à un risque de récidive. Le retour au travail de bureau est en général possible en quelques semaines.
Le taux de récidive après réparation de Bankart arthroscopique est d'environ 10 à 15 % dans la littérature, et peut atteindre 20 à 25 % chez les sportifs de contact de moins de 25 ans présentant des lésions étendues. C'est pourquoi la sélection de l'indication est primordiale : en présence d'une perte osseuse, d'un Hill-Sachs engageant ou d'une pratique de contact intensive, une butée coracoïdienne (Latarjet) est préférée pour sa plus grande stabilité.
Oui, dans la grande majorité des cas. La réparation de Bankart est réalisée à la Polyclinique Saint-Roch de Montpellier en chirurgie ambulatoire : le patient est admis le matin et rentre chez lui le soir même. Une nuit d'hospitalisation reste possible si nécessaire, par exemple en raison de la distance du domicile, du contrôle de la douleur ou d'un souhait du patient.
Prenez rendez-vous avec le Dr Roussanne pour un bilan personnalisé.
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