CHIRURGIE ORTHOPÉDIQUE et TRAUMATOLOGIQUE - MONTPELLIER
CHIRURGIE OSSEUSE ET ARTICULAIRE - CHIRURGIE PROTHÉTIQUE - CHIRURGIE ARTHROSCOPIQUE - CHIRURGIE DU SPORT
Butée coracoïdienne (Latarjet) — fixation par endobutton
Quand la glène a perdu de l'os à force de luxations, réparer le bourrelet ne suffit plus : il manque de la matière sous la tête de l'humérus. La butée vient reconstruire ce rebord et reposer un véritable verrou osseux — fixé, dans la technique du Dr Roussanne, par des endobuttons plutôt que par des vis.
La butée coracoïdienne, ou intervention de Latarjet, est la technique de référence pour l'instabilité antérieure de l'épaule avec déficit osseux. Le Dr Roussanne la réalise à la Polyclinique Saint-Roch de Montpellier par un abord mini-open (quelques centimètres), avec une fixation par endobuttons — sans vis métallique.
Le principe : un triple verrou
La butée consiste à détacher un petit fragment osseux — la coracoïde, une saillie de l'omoplate — et à le transférer sur le bord antérieur de la glène, là où l'os manque. Imaginez qu'on rajoute une marche au bord d'un escalier trop usé : la tête humérale retrouve un appui solide et ne peut plus basculer vers l'avant. La force de la technique tient à son triple effet stabilisateur :
Pour qui ? Les indications
La butée coracoïdienne est proposée lorsque la réparation du bourrelet seule serait insuffisante :
- Perte osseuse glénoïdienne significative mesurée à l'arthroscanner ;
- Récidives multiples de luxation ou de subluxation ;
- Sport de contact ou d'armé-contré (rugby, handball, judo) ;
- Score ISIS > 3 ;
- Échec d'une première réparation de Bankart ;
- Encoche de Hill-Sachs engageante de la tête humérale.
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La technique mini-open à fixation endobutton
Le fragment de coracoïde est transféré sur la glène par une incision mini-invasive (mini-open) de quelques centimètres. Au lieu des vis métalliques classiques, la fixation est assurée par un système d'endobuttons — de petites plaquettes reliées par des fils à très haute résistance, qui plaquent le greffon contre l'os comme deux boutons serrant un tissu de part et d'autre.
Cette fixation souple présente plusieurs avantages par rapport aux vis :
- pas de matériel rigide saillant sous les tendons ;
- contraintes mécaniques mieux réparties sur le greffon ;
- pas de risque de fracture ou de débricolage de vis.
Dans certains cas, une fixation classique par vis peut être proposée, et la butée peut aussi être réalisée sous arthroscopie. Le choix est expliqué et arrêté avec vous en consultation.
Suites opératoires et rééducation
L'épaule est protégée par une attelle coude au corps intermittente pendant 21 jours (3 semaines), le temps que la butée commence à se souder à la glène. L'attelle se porte par intermittence : elle est retirée plusieurs fois par jour pour les exercices et la toilette, puis remise pour protéger l'épaule au repos et la nuit. Elle est définitivement abandonnée à J21. Les doigts, le poignet et le coude sont mobilisés dès le départ ; la main reste utilisable pour les gestes simples du quotidien.
- J0 → J3Retour à domicile le jour même (ambulatoire). Radiographie de contrôle avant la sortie. Attelle intermittente (retirée pour les exercices et la toilette), glaçage, antalgiques.
- J15Cicatrice : retrait des stéristrips. Pansements refaits tous les 3 jours jusque-là.
- J21Fin de l'attelle. 1re consultation de suivi (chirurgien ou médecin rééducateur) et prescription de kinésithérapie.
- J452e consultation de suivi (6 semaines). Contrôle radiographique du début de consolidation de la butée.
- J90 (3 mois)3e consultation de suivi avec scanner de contrôle : la butée est solidement consolidée dans environ 50 % des cas. Dans le cas contraire, un nouveau scanner est réalisé à 6 mois. Renforcement progressif en parallèle.
- Mois 6Reprise des sports de contact et d'armé-contré, après confirmation radiologique de la consolidation.
Butée ou Bankart : comment se décide le choix ?
Le choix se décide essentiellement sur le score ISIS (Instability Severity Index Score) : il combine l'âge, le type et le niveau de sport, l'hyperlaxité et les lésions osseuses repérées sur les radiographies. Un score ISIS élevé oriente vers la butée coracoïdienne ; un score ISIS ≤ 3 oriente vers la réparation de Bankart. L'arthroscanner, qui mesure précisément la perte osseuse glénoïdienne, vient confirmer et affiner cette décision.
La butée coracoïdienne en chiffres-clés
- Indication privilégiée : instabilité avec perte osseuse glénoïdienne et/ou score ISIS > 3
- Triple effet stabilisateur : osseux + ligamentaire + hamac musculaire (coraco-biceps abaissant le subscapulaire)
- Abord mini-open de quelques centimètres, fixation par endobuttons (sans vis)
- Durée d'intervention : environ 45 à 90 minutes, en ambulatoire le plus souvent
- Attelle coude au corps intermittente : 21 jours (sevrage à J21)
- Consultations de suivi : J21, J45 et J90
- Rééducation : début à J21, 2 à 3 séances/semaine pendant 3 à 4 mois
- Consolidation vérifiée au scanner à J90 : butée solide dans ~50 % des cas, sinon nouveau scanner à 6 mois
- Reprise des sports de contact : 6 mois, après consolidation radiologique confirmée
- Taux de récidive après butée coracoïdienne : < 5 % dans les séries publiées
Quels sont les risques ?
En dehors des risques liés à l'anesthésie, les complications spécifiques restent peu fréquentes :
- Récidive de luxation — inférieure à 5 % après butée ;
- Non-consolidation ou lyse de la butée — la greffe peut ne pas se souder ou se résorber (< 5 %) ;
- Lésion neurologique — rare et le plus souvent transitoire (nerf musculo-cutané ou axillaire) ;
- Algodystrophie — possible après toute chirurgie de l'épaule, allonge la récupération ;
- Infection — rare mais sérieuse.
Information médicale grand public. Conformément à la loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé (loi Kouchner), les informations présentées sur cette page ont une vocation pédagogique et ne se substituent en aucun cas à une consultation médicale. Seul un examen clinique réalisé par un chirurgien orthopédiste permet d'établir un diagnostic et de proposer une prise en charge adaptée à votre situation personnelle.
En cas d'urgence — fracture évidente, plaie ouverte, déformation, déficit neurologique, fièvre — composez le 15 (SAMU) ou présentez-vous aux urgences de la Polyclinique Saint-Roch — 04 67 61 88 00.
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Questions fréquentes — Butée coracoïdienne (Latarjet)
Réponses du Dr Yannick Roussanne, chirurgien orthopédiste spécialiste de l'épaule à la Polyclinique Saint-Roch de Montpellier.
Une butée coracoïdienne, ou intervention de Latarjet, consiste à transférer un petit fragment osseux — la coracoïde — sur le bord antérieur de la glène afin de reconstruire l'appui osseux manquant et d'empêcher la tête humérale de basculer vers l'avant. Elle apporte un triple effet stabilisateur : osseux (comblement de la perte osseuse), ligamentaire (mise en tension du plan antérieur) et hamac (le tendon conjoint — coraco-biceps — abaisse la partie inférieure du subscapulaire et forme un hamac qui soutient l'avant de l'épaule en armé du bras). C'est la technique de référence de l'instabilité antérieure avec déficit osseux.
Dans la technique du Dr Roussanne, la butée est fixée par des endobuttons : de petites plaquettes reliées par des fils à très haute résistance, qui plaquent le greffon contre la glène sans vis métallique. Par rapport à la fixation classique par vis, cela évite un matériel rigide saillant sous les tendons, répartit mieux les contraintes sur le greffon et supprime le risque de fracture ou de débricolage de vis. Dans certains cas, une fixation par vis ou une réalisation sous arthroscopie reste possible et est discutée en consultation.
La butée est préférée à la réparation de Bankart lorsque l'os de la glène est entamé (perte osseuse glénoïdienne significative), lorsque le score ISIS est supérieur à 3, en cas de récidives multiples, de pratique d'un sport de contact ou d'armé-contré, d'encoche de Hill-Sachs engageante, ou après l'échec d'une première réparation de Bankart. Le Bankart, lui, répare le tissu mou et convient quand l'os est intact. La décision repose sur l'arthroscanner et sur le profil du patient, et elle est arrêtée lors de la consultation préopératoire.
La reprise est progressive et dépend de la consolidation osseuse de la butée, vérifiée au scanner vers 3 mois (la butée est solide dans environ la moitié des cas à ce stade ; sinon un nouveau scanner est réalisé à 6 mois). La natation en brasse et la marche sont autorisées tôt ; les sports de contact et d'armé-contré (rugby, handball, judo) ne sont repris qu'à partir de 6 mois, une fois la consolidation confirmée. Une reprise trop précoce expose à un risque de fracture ou de descellement de la butée. Un travail de proprioception et de renforcement de la coiffe précède toujours le retour au sport.
Le taux de récidive de luxation après butée coracoïdienne (Latarjet) est inférieur à 5 % dans les séries publiées, ce qui en fait la technique la plus stable pour les instabilités avec déficit osseux et pour les sportifs de contact. Cette stabilité repose sur le triple effet — osseux, ligamentaire et hamac musculaire (le tendon conjoint coraco-biceps abaissant la partie inférieure du subscapulaire) — du transfert coracoïdien. Les principaux risques spécifiques sont la non-consolidation ou la lyse de la butée (moins de 5 %) et, plus rarement, une lésion neurologique transitoire.
Prenez rendez-vous avec le Dr Roussanne pour un bilan personnalisé.
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