CHIRURGIE ORTHOPÉDIQUE et TRAUMATOLOGIQUE - MONTPELLIER
CHIRURGIE OSSEUSE ET ARTICULAIRE - CHIRURGIE PROTHÉTIQUE - CHIRURGIE ARTHROSCOPIQUE - CHIRURGIE DU SPORT
Les entorses de la cheville
Le pied qui tourne en dedans à la descente d'un trottoir, à la réception d'un saut ou sur un sol irrégulier : c'est le traumatisme le plus fréquent du système musculo-squelettique. Diagnostic clinique, règles d'Ottawa, protocole PRICE, rééducation proprioceptive. Accueil traumato par le service SOS Cheville — Polyclinique Saint-Roch Montpellier.
Dr Baptiste Bénazech
Chirurgien orthopédiste — pied et cheville
Reconnaître une entorse de cheville
Les entorses de cheville sont des traumatismes très fréquents, le plus souvent dus à une torsion du pied vers l'intérieur (mouvement d'inversion). Elles se manifestent par une douleur et un gonflement prédominants à la face antéro-latérale de la cheville, juste sous la malléole externe.
Le diagnostic repose avant tout sur l'examen clinique, éventuellement complété par un bilan d'imagerie (radiographies, échographie). Le traitement associe le protocole PRICE (Protection, Repos, Ice/glace, Compression, Élévation) à une mise en charge précoce pour les entorses bénignes. Les entorses modérées et sévères nécessitent une immobilisation suivie de kinésithérapie. La chirurgie est rarement nécessaire en urgence.
SOS Cheville — urgence traumato. En cas de douleur ou de gonflement majeur, d'impossibilité totale de mettre le pied au sol, de déformation visible de la cheville ou de perte de sensibilité du pied, consultez en urgence : SOS Cheville — Polyclinique Saint-Roch 04 67 61 88 88.
Rappel anatomique : où se rompent les ligaments
Côté externe — le plus souvent atteint
Le ligament collatéral latéral comprend trois faisceaux : talofibulaire antérieur (le premier à céder), calcanéofibulaire (faisceau moyen), talofibulaire postérieur.
Côté interne
Le ligament deltoïde, large et extrêmement solide, est rarement atteint isolément.
Au-dessus de l'articulation
La syndesmose tibiofibulaire (ligament péronéo-tibial antérieur) maintient la pince bimalléolaire — le « tenon-mortaise » où le talus s'emboîte.
Mécanismes : inversion, éversion, Maisonneuve
Mécanisme d'inversion (le plus fréquent)
L'inversion forcée — le pied qui « part en dedans » — met en tension les ligaments latéraux, en commençant par le talofibulaire antérieur. La plupart des déchirures ligamentaires sont dues à ce mécanisme. Les entorses graves répétées peuvent provoquer une instabilité chronique et prédisposer à de nouvelles entorses. L'inversion peut également entraîner une fracture du dôme talien associée.
Mécanisme d'éversion
L'éversion — pied qui part en dehors — exerce une contrainte sur le versant interne. En raison de la solidité du ligament deltoïde, ce mécanisme provoque plus fréquemment une fracture-avulsion de la malléole interne qu'une entorse isolée. L'éversion peut aussi fracturer le péroné distal ou déchirer la syndesmose (entorse tibiofibulaire « haute »).
La fracture de Maisonneuve
Dans certains cas d'éversion, la force se propage le long du péroné jusqu'à sa tête, sous le genou, et réalise une fracture de Maisonneuve. Elle peut passer inaperçue si l'examen ne porte que sur la cheville. C'est pourquoi, devant une suspicion d'entorse par éversion avec douleur médiale, le médecin examine toujours la partie haute du péroné.
Pourquoi les entorses récidivent
Chaque entorse endommage les capteurs proprioceptifs de la cheville — les capteurs qui permettent au cerveau de savoir, à tout instant, où se trouve l'articulation et de corriger les déséquilibres en temps réel. Cette perte proprioceptive réduit la capacité naturelle de protection et favorise les récidives. La rééducation proprioceptive est l'élément fondamental du traitement, quelle que soit la gravité initiale.
Diagnostic clinique
L'examen clinique est fondamental. Les signes habituels sont la douleur, l'augmentation du volume articulaire et parfois des spasmes musculaires. La localisation oriente vers le type de lésion :
- Entorse par inversion : douleurs antéro-latérales sous la malléole externe
- Lésion par éversion : douleur maximale sur le ligament deltoïde (face interne)
- Fracture de Maisonneuve : douleur sous le genou (péroné proximal) + douleur médiale de cheville
Le test du tiroir antérieur
Ce test évalue la stabilité du ligament talofibulaire antérieur. Le patient est assis ou allongé, le genou légèrement fléchi. L'examinateur stabilise l'extrémité distale du tibia d'une main, l'autre saisit le talon et le tire vers l'avant. Un déplacement antérieur anormal du pied signe une déchirure complète (3ᵉ degré). En cas de douleur et de gonflement importants, l'examen peut être différé de quelques jours, la cheville étant immobilisée dans l'intervalle.
Diagnostics à ne pas manquer : fracture-avulsion de la base du 5ᵉ métatarsien, lésion du tendon d'Achille, fracture du dôme du talus. Une douleur osseuse plus intense que les douleurs ligamentaires doit faire suspecter une fracture associée.
Bilan d'imagerie : les règles d'Ottawa
Les radiographies de cheville ne sont pas systématiques. Les critères d'Ottawa permettent de cibler les patients à risque de fracture. Des clichés sont indiqués si vous présentez une douleur ET au moins un des éléments suivants :
- Âge supérieur à 55 ans
- Incapacité à mettre en charge immédiatement après le traumatisme et à faire 4 pas
- Douleur osseuse dans les 6 cm du bord postérieur ou à la pointe d'une malléole
L'échographie est un excellent examen en phase aiguë, à condition d'être réalisée par un opérateur entraîné. En cas de douleurs persistantes au-delà de 6 semaines, une IRM peut être nécessaire pour rechercher des lésions méconnues (fracture du talus, entorse haute, lésion ostéochondrale).
Classification des entorses et traitement
Douleur et gonflement minimes
La cheville reste fonctionnelle mais affaiblie. Protocole PRICE avec mise en charge et mobilisation dès que la douleur le permet. Récidive favorisée si la rééducation est négligée. Guérison en quelques semaines.
Œdème, ecchymose, marche difficile
RICE avec immobilisation en position neutre (attelle postérieure ou botte de marche), suivi d'une mobilisation et de kinésithérapie. Guérison en 6 à 8 semaines minimum.
Hématomes, instabilité, perte d'appui
Immobilisation prolongée éventuellement par plâtre. Réparation chirurgicale rarement nécessaire en aigu. Kinésithérapie indispensable dès l'ablation. Douleurs résiduelles possibles au-delà de 3 mois.
Entorses de la syndesmose (tibiofibulaires « hautes »). Ces entorses nécessitent habituellement une immobilisation en décharge pendant plusieurs semaines en raison du risque d'instabilité de la pince bimalléolaire. Elles imposent un suivi spécialisé.
La rééducation proprioceptive : le geste anti-récidive
La rééducation associe drainage de l'œdème, récupération des amplitudes articulaires, renforcement musculaire des fibulaires et travail proprioceptif sur plateaux instables. Elle se déroule typiquement sur 2 à 3 mois et progresse :
- Phase 1 — équilibre statique sur sol stable, puis sur plateau de Freeman
- Phase 2 — équilibre dynamique, changements de direction contrôlés
- Phase 3 — sauts, réceptions, retour à la course
- Phase 4 (sportifs) — réathlétisation supervisée avant reprise compétitive
Le port d'une chevillère ou d'un strapping peut être conseillé lors des premières reprises de sport à risque.
Information médicale grand public. Conformément à la loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé (loi Kouchner), les informations présentées sur cette page ont une vocation pédagogique et ne se substituent en aucun cas à une consultation médicale. Seul un examen clinique réalisé par un chirurgien orthopédiste permet d'établir un diagnostic et de proposer une prise en charge adaptée à votre situation personnelle.
En cas d'urgence — fracture évidente, plaie ouverte, déformation, déficit neurologique, fièvre — composez le 15 (SAMU) ou présentez-vous aux urgences de la Polyclinique Saint-Roch — 04 67 61 88 88.
Questions fréquentes sur l'entorse de cheville
Faut-il systématiquement faire une radiographie après une entorse ?
Comment savoir si une entorse de cheville est grave ?
Combien de temps dure la guérison d'une entorse de cheville ?
Quelle rééducation après une entorse de cheville ?
Quand faut-il consulter un chirurgien spécialisé ?
Qu'est-ce qu'une fracture de Maisonneuve ?
Consulter pour une entorse de cheville à Montpellier
Le Dr Bénazech reçoit en consultation au Centre Médical Saint-Roch — 6ᵉ étage — pour les entorses récentes, persistantes ou récidivantes et le bilan d'instabilité chronique. Service SOS Cheville ouvert au sein de l'Institut Montpelliérain de Traumatologie du Sport.
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