CHIRURGIE ORTHOPÉDIQUE et TRAUMATOLOGIQUE - MONTPELLIER
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CHIRURGIE DU PIED ET DE LA CHEVILLE
Docteur Baptiste BENAZECH
Les entorses de la cheville
Les entorses de la cheville sont des traumatismes très fréquents, le plus souvent résultant d'une torsion du pied vers l'intérieur (inversion). Elles se manifestent par une douleur et un gonflement prédominants au niveau de la partie antéro-latérale de la cheville. Le diagnostic repose avant tout sur l'examen clinique, éventuellement complété par un bilan d'imagerie (radiographies, échographie).
Le traitement repose sur le protocole PRICE (Protection, Repos, Ice — glace, Compression, Élévation) associé à une mise en charge précoce pour les entorses bénignes. Les entorses modérées et sévères nécessitent une immobilisation suivie d'une kinésithérapie. Dans de rares cas, une réparation chirurgicale peut s'avérer nécessaire.
Rappel anatomique
La stabilité de la cheville est assurée par un ensemble de ligaments. Du côté externe, le ligament collatéral latéral se compose de trois faisceaux : le ligament talofibulaire antérieur, le ligament calcanéofibulaire et le ligament talofibulaire postérieur. Du côté interne, le ligament deltoïde est un ligament large et extrêmement solide. Au-dessus de l'articulation, la syndesmose tibiofibulaire (ligament péronéo-tibial antérieur) maintient la pince bimalléolaire.
Mécanisme d'inversion
L'inversion forcée (torsion du pied vers l'intérieur) met en tension les ligaments latéraux, en commençant généralement par le ligament talofibulaire antérieur. La plupart des déchirures ligamentaires sont dues à ce mécanisme. Les entorses graves peuvent provoquer une instabilité articulaire chronique et prédisposer à de nouvelles entorses. L'inversion peut également entraîner des fractures du dôme talien, avec ou sans entorse associée.
Mécanisme d'éversion
L'éversion (torsion du pied vers l'extérieur) exerce une contrainte sur le versant interne de l'articulation. En raison de la solidité du ligament deltoïde, ce mécanisme provoque plus fréquemment une fracture-avulsion de la malléole interne qu'une entorse isolée. L'éversion peut aussi comprimer le versant latéral de l'articulation, fracturer le péroné distal ou déchirer les ligaments de la syndesmose (entorse tibiofibulaire). Dans certains cas, la force se transmet le long du péroné jusqu'à sa tête, réalisant une fracture de Maisonneuve.
Diagnostic clinique
L'examen clinique est fondamental pour diagnostiquer une entorse de la cheville. Les signes habituels sont la douleur, l'augmentation de volume articulaire et parfois des spasmes musculaires. La localisation de la douleur et de l'œdème oriente vers le type de lésion : les entorses par inversion entraînent des douleurs antéro-latérales, les lésions par éversion sont maximales sur le ligament deltoïde, et les fractures de Maisonneuve provoquent une douleur au-dessus du péroné proximal associée à une douleur médiale de la cheville.
Classification des entorses
Entorse légère (1er degré)
La douleur et le gonflement sont minimes. La cheville reste fonctionnelle mais est affaiblie et susceptible de récidive. La guérison survient en quelques semaines.
Entorse modérée (2e degré)
La cheville est souvent enflée et ecchymotique. La marche est douloureuse et difficile. La guérison peut nécessiter plusieurs mois.
Entorse sévère (3e degré)
L'ensemble de la cheville est gonflé et couvert d'hématomes. La cheville est instable et ne supporte plus le poids du corps. Les nerfs peuvent être atteints. Le cartilage articulaire peut être lésé, entraînant douleurs persistantes, gonflement chronique, instabilité et arthrose précoce. La guérison nécessite habituellement 6 à 8 semaines, mais des douleurs résiduelles peuvent persister au-delà de 3 mois.
Test du tiroir antérieur
Ce test évalue la stabilité du ligament talofibulaire antérieur. Le patient est assis ou allongé, le genou légèrement fléchi. L'examinateur stabilise l'extrémité distale du tibia d'une main tandis que l'autre saisit le talon et le tire vers l'avant. Un déplacement antérieur anormal du pied signe une déchirure complète (3e degré). En cas de douleur et de gonflement importants, l'examen peut être retardé de quelques jours, la cheville étant immobilisée dans l'intervalle.
Bilan d'imagerie
Les radiographies de face, de profil et en incidence de mortaise ne sont pas systématiques. Les critères d'Ottawa permettent de déterminer si des clichés sont nécessaires, en réservant les examens aux patients les plus susceptibles de présenter une fracture nécessitant un traitement spécifique.
Les radiographies de la cheville sont indiquées en cas de douleur associée à l'un des critères suivants : âge supérieur à 55 ans, incapacité à mettre en charge immédiatement après le traumatisme (4 pas) ou à marcher sans boiter, douleur osseuse dans les 6 cm du bord postérieur ou à la pointe de chaque malléole.
L'échographie est un excellent examen pour diagnostiquer une entorse à la phase aiguë, à condition d'être réalisée par un opérateur entraîné. En cas de douleurs persistantes après 6 semaines, une IRM peut être nécessaire pour rechercher des lésions méconnues telles qu'une fracture du talus, une entorse haute de la cheville ou d'autres lésions complexes.
Traitement médical
Le traitement dépend de la gravité de l'entorse. Le principe général associe le protocole PRICE à une mobilisation adaptée au stade lésionnel. Des béquilles sont utilisées jusqu'à ce que la marche redevienne normale.
Entorses légères (1er degré)
Protocole PRICE avec mise en charge et mobilisation dès que la douleur le permet, généralement en quelques jours.
Entorses modérées (2e degré)
Protocole RICE (Repos, Glace, Compression, Élévation) avec immobilisation de la cheville en position neutre au moyen d'une attelle postérieure ou d'une botte de marche, suivi d'un programme de mobilisation et de kinésithérapie.
Entorses sévères (3e degré)
Immobilisation prolongée, éventuellement par plâtre. Une réparation chirurgicale est rarement nécessaire. La kinésithérapie est indispensable dès que l'immobilisation est levée.
Entorses de la syndesmose (tibiofibulaires)
Ces entorses, dites « hautes », nécessitent habituellement une immobilisation en décharge pendant plusieurs semaines en raison du risque d'instabilité de la pince bimalléolaire.
Questions fréquentes
Non. Les règles d'Ottawa permettent de déterminer les cas nécessitant des radiographies. Si vous pouvez faire 4 pas après le traumatisme et que la douleur est localisée sur les ligaments plutôt que sur les reliefs osseux, les radiographies ne sont généralement pas nécessaires. En revanche, elles sont indiquées en cas de doute sur une fracture associée.
La durée varie selon la gravité. Une entorse légère guérit en quelques semaines. Une entorse modérée peut nécessiter plusieurs mois de rééducation. Une entorse sévère nécessite 6 à 8 semaines minimum, avec parfois des douleurs résiduelles au-delà de 3 mois. La rééducation proprioceptive est essentielle pour prévenir les récidives, quelle que soit la gravité initiale.
Il est recommandé de consulter un chirurgien spécialisé en cas d'entorse grave avec instabilité de la cheville, si les douleurs persistent au-delà de 6 semaines malgré un traitement bien conduit, en cas d'entorses à répétition évoquant une instabilité chronique, ou si l'on suspecte une lésion associée (fracture du dôme talien, entorse haute de la syndesmose).
La fracture de Maisonneuve est une fracture du péroné proximal (sous le genou) associée à une lésion de la syndesmose tibiofibulaire et du ligament deltoïde au niveau de la cheville. Elle résulte d'un mécanisme d'éversion et peut passer inaperçue si l'examen ne porte que sur la cheville. C'est pourquoi, en cas de suspicion d'entorse par éversion avec douleur médiale, le praticien examine toujours la partie haute du péroné.
Oui, la reprise du sport est possible et encouragée après une guérison complète. Elle doit être progressive et guidée par un kinésithérapeute. Un programme de rééducation proprioceptive est indispensable avant la reprise des activités à risque (sports de pivot, course en terrain irrégulier). Le port d'une chevillère ou d'un strapping peut être conseillé lors des premières reprises.
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Polyclinique Saint-Roch — Montpellier
Polyclinique Saint-Roch — 550, avenue du Colonel André Pavelet — 34070 Montpellier
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