CHIRURGIE ORTHOPÉDIQUE et TRAUMATOLOGIQUE - MONTPELLIER
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Coiffe des rotateurs, arrêt de travail et maladie professionnelle
Fiche d'information. Durées d'arrêt de travail après chirurgie, cadre du tableau n° 57 des maladies professionnelles, et liens vers les sources institutionnelles.
Durées d'arrêt de travail
La durée de l'arrêt dépend des contraintes que le poste de travail impose à l'épaule. Les repères ci-dessous sont indicatifs et adaptés à chaque situation lors des consultations de suivi.
Après réparation chirurgicale de la coiffe
| Type de poste | Exemples | Durée indicative |
|---|---|---|
| Travail de bureau, sédentaire | Informatique, téléphone, administratif | 6 à 8 semaines télétravail souvent possible dès la 4e semaine |
| Travail intermédiaire | Conduite prolongée, port de charges légères | 2 à 3 mois |
| Travail physique ou manuel | Maçonnerie, plomberie, agriculture | 4 à 6 mois |
Ces durées suivent le délai biologique de cicatrisation tendineuse, de 4 à 6 mois. Deux contraintes les structurent : aucun travail actif de l'épaule avant 6 à 8 semaines, et aucun port de charge supérieur à 5 kg avant 4 mois. La reprise de la conduite se situe autour de la 6e semaine.
En dehors de la chirurgie
En l'absence d'indication chirurgicale, la durée de l'arrêt dépend essentiellement du poste occupé et de la possibilité de l'aménager. Lorsque les gestes en cause peuvent être évités ou l'organisation du travail adaptée, le maintien en poste est fréquemment possible. Dans le cas contraire, un arrêt de quelques semaines à quelques mois peut être nécessaire, en fonction de l'intensité de la pathologie.
Le traitement médical repose sur la rééducation et, dans certaines situations, sur une infiltration de corticoïdes.
Lorsque le poste demeure incompatible avec l'état de l'épaule malgré ces mesures, un changement de poste ou une reconversion professionnelle peuvent être discutés. Cette orientation s'anticipe, car les dispositifs correspondants demandent du temps ; elle est examinée avec le médecin du travail, qui dispose des outils adaptés.
La gestion de l'arrêt de travail et de l'aptitude au poste relève du médecin du travail, sur avis consultatif du médecin ou du chirurgien spécialiste.
Le tableau n° 57 et l'épaule
Les affections de la coiffe des rotateurs figurent au tableau n° 57 du régime général, relatif aux affections périarticulaires provoquées par certains gestes et postures de travail. Sa section A est consacrée à l'épaule. Elle a été réécrite par le décret n° 2011-1315 du 17 octobre 2011 ; le tableau a été modifié en dernier lieu par le décret n° 2017-812 du 5 mai 2017 [1].
| Désignation de la maladie | Délai de prise en charge | Durée d'exposition |
|---|---|---|
| Tendinopathie aiguë non rompue non calcifiante, avec ou sans enthésopathie de la coiffe des rotateurs | 30 jours | — |
| Tendinopathie chronique non rompue non calcifiante, avec ou sans enthésopathie, objectivée par IRM* | 6 mois | 6 mois |
| Rupture partielle ou transfixiante de la coiffe des rotateurs, objectivée par IRM* | 1 an | 1 an |
* Le tableau précise en note : « ou un arthroscanner en cas de contre-indication à l'IRM ».
Le délai de prise en charge désigne le temps maximal pouvant séparer la fin de l'exposition au risque de la première constatation médicale de la maladie. La durée d'exposition désigne la durée minimale d'exposition requise.
Les trois conditions à réunir
Une affection inscrite au tableau n'est pas reconnue de ce seul fait. Trois conditions doivent être réunies simultanément :
- la désignation exacte de la maladie telle que le tableau la formule ;
- le respect du délai de prise en charge et, le cas échéant, de la durée d'exposition ;
- l'appartenance des travaux effectués à la liste limitative figurant au tableau.
Cette liste ne désigne pas des métiers mais des gestes mesurés. Pour la tendinopathie chronique et pour la rupture, elle vise les travaux comportant des mouvements ou le maintien de l'épaule sans soutien en abduction d'au moins 60° pendant au moins 2 heures par jour en cumulé, ou d'au moins 90° pendant au moins 1 heure par jour en cumulé. Pour la tendinopathie aiguë, le seuil est de 60° pendant au moins 3 h 30 par jour.
Lorsque l'une de ces conditions n'est pas remplie, le code de la sécurité sociale prévoit une procédure particulière, confiée à un comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles [2]. Son appréciation relève exclusivement de la caisse.
Le point de l'imagerie
C'est le seul point de cette fiche qui relève directement de la consultation, et il mérite d'être anticipé.
La démarche et les interlocuteurs
La déclaration relève de l'assuré et s'effectue auprès de sa caisse primaire d'assurance maladie. Elle repose sur un certificat médical initial, qui désigne la maladie et fixe la date de première constatation, et sur le formulaire de déclaration prévu à cet effet.
Les modalités précises — pièces à fournir, délais, instruction du dossier, conditions de prise en charge et d'indemnisation — sont décrites sur les sites institutionnels indiqués ci-dessous. Elles évoluent, et il convient de s'y référer plutôt qu'à une source secondaire.
Deux interlocuteurs sont à privilégier : la caisse primaire d'assurance maladie, seule compétente pour la reconnaissance et l'indemnisation, et le médecin du travail, pour l'analyse du poste, l'étude d'un aménagement et le suivi de l'aptitude.
Sources institutionnelles
Questions fréquentes
Réponses du Dr Yannick Roussanne et du Dr Laurent Geiss, chirurgiens orthopédistes spécialistes de l'épaule à Montpellier.
Elle figure au tableau n° 57 du régime général, section A, qui vise les affections périarticulaires provoquées par certains gestes et postures de travail. Trois affections de l'épaule y sont désignées : une tendinopathie aiguë, une tendinopathie chronique et la rupture partielle ou transfixiante de la coiffe. Figurer au tableau ne suffit pas : la reconnaissance suppose que trois conditions soient réunies — la désignation exacte de la maladie, le délai de prise en charge et l'appartenance à la liste limitative des travaux. L'appréciation de ces conditions relève de votre caisse primaire d'assurance maladie, et non du chirurgien.
Non, et c'est un point à anticiper. Pour la tendinopathie chronique comme pour la rupture, le tableau 57 exige une lésion « objectivée par IRM » — ou, précise-t-il en note, par arthroscanner en cas de contre-indication à l'IRM. Une échographie, même parfaitement contributive sur le plan clinique et suffisante pour décider du traitement, ne répond pas à la lettre du tableau. Si une démarche de reconnaissance est envisagée, il est préférable que l'imagerie adaptée soit réalisée avant la déclaration, et que le compte rendu nomme explicitement la lésion.
La liste est limitative et repose sur un angle et une durée. Pour la tendinopathie chronique et pour la rupture, le tableau vise les travaux comportant des mouvements ou le maintien de l'épaule sans soutien en abduction d'au moins 60° pendant au moins 2 heures par jour en cumulé, ou d'au moins 90° pendant au moins 1 heure par jour en cumulé. Pour la tendinopathie aiguë, le seuil est de 60° pendant au moins 3 h 30 par jour. Le terme « en cumulé » désigne le total sur la journée de travail, et non une durée continue.
La démarche relève de l'assuré et s'effectue auprès de sa caisse primaire d'assurance maladie. Elle repose sur un certificat médical initial et sur le formulaire de déclaration prévu à cet effet. Les modalités, les délais et les conditions d'indemnisation sont décrits sur ameli.fr. Le médecin du travail est également un interlocuteur utile, en particulier pour l'analyse du poste et l'étude d'un aménagement. Ces questions ne relèvent pas de la consultation chirurgicale.
La durée dépend des contraintes que le poste impose à l'épaule. À titre indicatif : 6 à 8 semaines pour un travail de bureau, avec une reprise en télétravail souvent possible dès la 4e semaine ; 2 à 3 mois pour un travail intermédiaire comportant une conduite prolongée ou le port de charges légères ; 4 à 6 mois pour un travail physique ou manuel. Ces durées suivent le délai biologique de cicatrisation tendineuse, de 4 à 6 mois. Elles sont adaptées à chaque situation lors des consultations de suivi.
Information médicale grand public. Conformément à la loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé, les informations présentées ont une vocation pédagogique et ne se substituent ni à une consultation médicale, ni à l'avis de la caisse primaire d'assurance maladie, du médecin du travail ou d'un conseil juridique. Les décisions de reconnaissance, d'évaluation et d'indemnisation relèvent exclusivement de l'Assurance Maladie.
En cas d'urgence — épaule traumatique aiguë avec impotence complète, plaie, fièvre — composer le 15 (SAMU) ou se présenter aux urgences de la Polyclinique Saint-Roch — 04 67 61 88 00.
Références réglementaires
- Tableau n° 57 du régime général — affections périarticulaires provoquées par certains gestes et postures de travail, section A (épaule). Section A dans sa rédaction issue du décret n° 2011-1315 du 17 octobre 2011 ; tableau modifié en dernier lieu par le décret n° 2017-812 du 5 mai 2017 ; tableau créé par le décret n° 72-1010 du 2 novembre 1972.
- Code de la sécurité sociale, article L. 461-1 — présomption d'origine professionnelle et saisine du comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles.
- Assurance Maladie — Maladie professionnelle : prise en charge et démarches, ameli.fr.
Cadre réglementaire vérifié le 30 août 2026. Les textes et les modalités évoluent : se référer aux sites institutionnels pour l'état du droit applicable.
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