CHIRURGIE ORTHOPÉDIQUE et TRAUMATOLOGIQUE - MONTPELLIER
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Bursite olécranienne — Hygroma du coude
La bursite olécranienne (ou hygroma du coude) est un gonflement de la bourse séreuse située à la pointe du coude. C'est une pathologie fréquente, souvent liée à des appuis répétés sur le coude, qui peut nécessiter un traitement chirurgical en cas de récidive ou d'infection.
Qu'est-ce qu'une bursite olécranienne ?
La bourse olécranienne est une petite poche remplie de liquide synovial, située entre la peau et l'os de l'olécrane (la pointe du coude). Son rôle est de faciliter le glissement de la peau sur l'os lors des mouvements de flexion-extension. Lorsque cette bourse s'enflamme, elle se remplit de liquide et gonfle : c'est la bursite olécranienne, aussi appelée hygroma du coude.
Les causes
Bursite mécanique (la plus fréquente)
Provoquée par des appuis prolongés ou répétés sur le coude : travail de bureau (coude sur la table), conduite (coude sur l'accoudoir), métiers nécessitant un appui (carreleur, plombier, mécanicien). On l'appelle parfois « maladie de l'étudiant » ou « coude du plombier ».
Bursite post-traumatique
Après un choc direct sur la pointe du coude (chute, coup). La bourse se remplit de liquide ou de sang (bursite hémorragique).
Bursite infectieuse (septique)
L'infection de la bourse peut survenir après une plaie cutanée (même minime) au niveau du coude, une piqûre d'insecte, ou par voie hématogène. Le germe le plus fréquent est le staphylocoque doré. La bursite septique est une urgence médicale.
Bursite inflammatoire
Dans le cadre d'une maladie rhumatismale : polyarthrite rhumatoïde, goutte (dépôts de cristaux d'acide urique), chondrocalcinose.
Les symptômes
- Gonflement arrondi, fluctuant, à la pointe du coude — parfois volumineux (« balle de golf »)
- Peu ou pas de douleur dans les formes mécaniques
- Gêne fonctionnelle : difficulté à poser le coude sur une surface, gêne esthétique
- Mobilité du coude conservée : la flexion-extension n'est pas limitée (contrairement à une pathologie articulaire)
Le diagnostic
- Examen clinique : le diagnostic est évident à l'inspection (tuméfaction à la pointe du coude). Le chirurgien évalue la taille, la consistance, la mobilité, et recherche des signes d'infection
- Ponction de la bourse : en cas de doute sur une infection ou une cause inflammatoire, le liquide est prélevé et analysé (bactériologie, recherche de cristaux, numération cellulaire)
- Radiographies du coude : éliminent une pathologie osseuse sous-jacente, recherchent un éperon olécranien ou des calcifications
- Échographie : précise le contenu de la bourse (liquide pur, épaissi, cloisonné) et recherche des corps étrangers
Le traitement médical
- Suppression de la cause : éviter les appuis sur le coude, port d'une coudière de protection
- Compression : bandage compressif pour réduire le gonflement
- Ponction-évacuation : aspiration du liquide à l'aiguille suivie d'un pansement compressif. Simple et efficace mais le taux de récidive est élevé (30 à 50 %)
- Anti-inflammatoires : en cas de composante inflammatoire
- Antibiotiques : indispensables en cas de bursite septique (voie orale ou intraveineuse selon la sévérité)
Le traitement chirurgical
La chirurgie est indiquée en cas de :
- Bursite récidivante après plusieurs ponctions
- Bursite chronique épaissie, cloisonnée, ne répondant plus au traitement médical
- Bursite septique nécessitant un drainage chirurgical
- Gêne fonctionnelle ou esthétique importante
Bursectomie
L'intervention consiste à retirer la totalité de la bourse olécranienne (bursectomie) par une incision postérieure du coude. Les éventuels éperons osseux de l'olécrane sont réséqués dans le même temps. L'intervention est réalisée en chirurgie ambulatoire sous anesthésie loco-régionale.
Les suites opératoires
- Pansement compressif pendant 10 à 15 jours pour éviter la reformation d'un épanchement
- Mobilisation immédiate du coude — pas d'immobilisation
- Éviter les appuis sur le coude pendant 4 à 6 semaines
- Cicatrisation : 2 à 3 semaines (la peau à la pointe du coude cicatrise lentement)
- Reprise du travail : 1 à 3 semaines selon l'activité
Prévention
- Éviter les appuis prolongés sur le coude (bureau, accoudoir)
- Coudière de protection pour les métiers à risque
- Protection du coude dans les sports de contact (rugby, handball, sports de combat)
- Hygiène cutanée : désinfecter immédiatement toute plaie au coude, même minime
Questions fréquentes — Bursite du coude
Réponses du Dr Yannick Roussanne, chirurgien orthopédiste spécialiste du membre supérieur à la Polyclinique Saint-Roch de Montpellier.
La bursite olécranienne, ou hygroma du coude, est un gonflement de la bourse séreuse située entre la peau et la pointe du coude (olécrane), qui s'enflamme et se remplit de liquide synovial. Cette bourse a normalement un rôle de glissement entre la peau et l'os lors des mouvements de flexion-extension. Lorsqu'elle est irritée, elle forme une tuméfaction arrondie et fluctuante (« balle de golf »), parfois volumineuse. La cause la plus fréquente est l'appui prolongé ou répété sur le coude — bureau, accoudoir, postures professionnelles, d'où les surnoms de « maladie de l'étudiant » ou « coude du plombier ». À noter : contrairement à une pathologie articulaire vraie, la mobilité du coude (flexion-extension) reste conservée et la bursite est typiquement peu douloureuse dans sa forme mécanique.
La bursite mécanique est peu ou pas douloureuse, sans rougeur ni chaleur, alors que la bursite infectieuse (septique) associe rougeur, chaleur locale, douleur importante et parfois fièvre. Une traînée rouge remontant le long du bras (lymphangite) est un signe de gravité qui impose une consultation immédiate. En cas de doute clinique, une ponction de la bourse avec analyse bactériologique, recherche de cristaux et numération cellulaire du liquide permet de trancher entre une cause mécanique, infectieuse, traumatique (bursite hémorragique post-choc) ou inflammatoire (polyarthrite rhumatoïde, goutte, chondrocalcinose). La bursite septique est une urgence médicale nécessitant un traitement antibiotique rapide (voie orale ou intraveineuse selon la sévérité), parfois associé à un drainage chirurgical. Le germe le plus fréquemment en cause est le staphylocoque doré.
La chirurgie de la bursite du coude (bursectomie) est indiquée en cas de bursite récidivante après plusieurs ponctions, de bursite chronique épaissie ou cloisonnée ne répondant plus au traitement médical. Elle est aussi indiquée en cas de bursite septique nécessitant un drainage chirurgical et en cas de gêne fonctionnelle ou esthétique importante. L'intervention consiste à retirer la totalité de la bourse olécranienne par une incision postérieure du coude, avec résection des éventuels éperons osseux de l'olécrane dans le même temps. Elle est réalisée en chirurgie ambulatoire sous anesthésie loco-régionale. Un pansement compressif est maintenu 10 à 15 jours et les appuis sur le coude sont à éviter pendant 4 à 6 semaines. Le taux de récidive après bursectomie est faible (moins de 10 %).
La prévention de la bursite du coude repose sur l'éviction des appuis prolongés sur le coude — bureau, accoudoir de voiture, postures professionnelles répétées — qui constituent la cause mécanique principale. Le port d'une coudière de protection est recommandé pour les métiers à risque (carreleur, plombier, mécanicien, peintre, jardinier) et dans les sports de contact ou de chute (rugby, handball, sports de combat, vélo, skate). L'hygiène cutanée est essentielle : toute plaie au niveau du coude, même minime, doit être désinfectée immédiatement et surveillée pour prévenir une bursite septique secondaire — l'infection peut survenir par voie hématogène ou directe par effraction cutanée. Les attitudes ergonomiques (utilisation d'un repose-coude, pauses régulières au bureau) complètent cette prévention pour les patients à exposition professionnelle prolongée.
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