CHIRURGIE ORTHOPÉDIQUE et TRAUMATOLOGIQUE - MONTPELLIER
CHIRURGIE OSSEUSE ET ARTICULAIRE - CHIRURGIE PROTHÉTIQUE - CHIRURGIE ARTHROSCOPIQUE - CHIRURGIE DU SPORT
Fracture du poignet — Fracture du radius distal
La fracture du radius distal (fracture du poignet) est la fracture la plus fréquente en traumatologie. Elle survient à tout âge mais touche particulièrement les personnes âgées ostéoporotiques après une chute de sa hauteur et les jeunes adultes après un traumatisme à haute énergie (sport, accident).
Mécanisme
La fracture survient typiquement lors d'une chute sur la main tendue, poignet en extension. La force se transmet le long de l'avant-bras et fracture l'extrémité inférieure du radius. Plus rarement, un traumatisme à haute énergie (accident de moto, chute de hauteur) produit des fractures plus complexes, souvent articulaires.
Les différents types de fractures
Fracture extra-articulaire (Pouteau-Colles)
Le trait de fracture est situé au-dessus de la surface articulaire. C'est la forme classique de la personne âgée. Le fragment distal bascule en arrière, créant la déformation caractéristique en « dos de fourchette ». Le traitement peut être orthopédique (orthèse thermoformée) si le déplacement est acceptable.
Fracture articulaire
Le trait de fracture atteint la surface articulaire du radius. Ces fractures nécessitent une réduction anatomique parfaite pour éviter l'arthrose post-traumatique. Le traitement est le plus souvent chirurgical.
Fracture avec enfoncement (die-punch)
Un fragment de la surface articulaire s'enfonce sous l'impact du lunatum. Fracture articulaire qui nécessite un relèvement du fragment et souvent une greffe osseuse.
Fracture comminutive
Fracture en plusieurs fragments, souvent après un traumatisme à haute énergie. Reconstruction chirurgicale complexe.
Les symptômes
- Douleur vive du poignet après une chute
- Gonflement rapide du poignet
- Déformation visible dans les fractures déplacées (dos de fourchette)
- Impotence fonctionnelle : impossibilité de bouger le poignet et de serrer la main
- Ecchymose apparaissant dans les heures suivantes
Le diagnostic
- Radiographies du poignet (face + profil strict) : confirment la fracture, précisent le type et le déplacement
- Scanner : indispensable pour les fractures articulaires — précise le nombre de fragments, la taille de l'enfoncement articulaire et guide la planification chirurgicale
Le traitement
Traitement orthopédique (non chirurgical)
Indiqué pour les fractures stables, non ou peu déplacées, extra-articulaires :
- Réduction sous anesthésie locale si nécessaire
- Immobilisation par orthèse thermoformée sur mesure pendant 4 à 6 semaines — plus confortable et plus hygiénique qu'un plâtre traditionnel, elle permet un meilleur contrôle radiographique et peut être retirée pour les soins d'hygiène
- Contrôle radiographique hebdomadaire les 3 premières semaines pour dépister un déplacement secondaire
Traitement chirurgical — Plaque verrouillée antérieure
Indiqué pour les fractures déplacées, instables ou articulaires :
- Voie d'abord antérieure (face palmaire du poignet)
- Réduction anatomique des fragments sous contrôle radiographique per-opératoire
- Fixation par plaque verrouillée à vis angulées : les vis se verrouillent dans la plaque, créant un montage stable même dans un os porotique
- Comblement osseux (greffe ou substitut) si nécessaire pour les fractures avec enfoncement
Les lésions associées à rechercher
- Fracture de la styloïde ulnaire : fréquemment associée, peut indiquer une lésion du TFCC
- Lésion du ligament scapho-lunaire : recherchée sur le scanner et vérifiée si nécessaire par arthroscopie per-opératoire
- Syndrome du canal carpien aigu : compression du nerf médian par le gonflement post-fracturaire — urgence chirurgicale
- Lésion du TFCC : à suspecter en cas de douleur persistante du bord ulnaire du poignet après consolidation
La rééducation
1 Après traitement orthopédique
Mobilisation des doigts dès le premier jour (sous orthèse). Après retrait de l'orthèse thermoformée (4-6 semaines) : kinésithérapie pour récupérer la mobilité du poignet, la force de préhension et la prono-supination. Durée : 2 à 3 mois.
2 Après ostéosynthèse par plaque
Mobilisation active du poignet dès les premiers jours (pas d'immobilisation). Kinésithérapie précoce. Récupération plus rapide qu'après traitement orthopédique. Durée : 6 à 12 semaines.
L'ostéoporose : cause et conséquence
Chez la femme de plus de 50 ans, la fracture du poignet est souvent le premier signe d'ostéoporose. Toute fracture du radius distal survenant après une chute de sa hauteur doit faire rechercher une ostéoporose (ostéodensitométrie) et entraîner un traitement adapté pour prévenir les fractures ultérieures (hanche, vertèbres).
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Information à visée pédagogique conforme à la loi du 4 mars 2002 sur l'information loyale, claire et appropriée. Ne se substitue pas à une consultation médicale individualisée. En cas d'urgence, contactez le 15 (SAMU) ou le service des urgences de la Polyclinique Saint-Roch au 04 67 61 88 88.
Questions fréquentes — Fracture du poignet
Réponses du Dr Yannick Roussanne, chirurgien orthopédiste spécialiste du membre supérieur à la Polyclinique Saint-Roch de Montpellier.
Pas systématiquement : les fractures stables, non ou peu déplacées et extra-articulaires peuvent être traitées sans chirurgie par immobilisation dans une orthèse thermoformée sur mesure pendant 4 à 6 semaines. Les fractures déplacées, instables ou articulaires nécessitent en revanche une ostéosynthèse par plaque verrouillée antérieure pour restaurer une anatomie parfaite, indispensable pour éviter l'arthrose post-traumatique et permettre une mobilisation précoce du poignet. La décision dépend de plusieurs facteurs : type de trait (extra-articulaire vs articulaire), importance du déplacement, atteinte de la surface articulaire, âge et niveau d'activité du patient, qualité osseuse. Un contrôle radiographique hebdomadaire les 3 premières semaines est essentiel pour dépister un déplacement secondaire éventuel après traitement orthopédique.
La plaque verrouillée est une plaque métallique fixée sur la face antérieure du radius par des vis dont la tête se verrouille dans la plaque, créant un montage stable même dans un os ostéoporotique. Cette technologie a transformé le traitement des fractures déplacées du radius distal en permettant une mobilisation précoce du poignet sans immobilisation post-opératoire. Le chirurgien réalise une voie d'abord antérieure (face palmaire), réduit anatomiquement les fragments sous contrôle radiographique per-opératoire, puis fixe la plaque par des vis angulées. Un comblement osseux par greffe ou substitut peut être nécessaire en cas d'enfoncement articulaire. C'est aujourd'hui le traitement de référence des fractures déplacées du poignet, y compris chez le sujet âgé.
La durée de rééducation varie selon le traitement : 2 à 3 mois après traitement orthopédique par orthèse thermoformée (retirée à 4-6 semaines), 6 à 12 semaines après ostéosynthèse par plaque verrouillée. Dans tous les cas, la mobilisation active des doigts dès le premier jour est essentielle pour prévenir l'enraidissement et l'algodystrophie, qui sont les complications les plus redoutées. Après plaque verrouillée, la mobilisation active du poignet débute immédiatement sans immobilisation, ce qui accélère la récupération. La reprise des activités de la vie quotidienne est possible après 6 semaines, le travail manuel après 3 mois, et le sport vers 3 à 4 mois selon le type de fracture et la consolidation osseuse confirmée radiographiquement.
Chez la femme de plus de 50 ans, la fracture du poignet après une chute de sa hauteur est souvent le tout premier signe d'ostéoporose et doit conduire à un bilan osseux. Une ostéodensitométrie (DEXA) est recommandée pour confirmer l'ostéoporose, suivie le cas échéant d'un traitement spécifique (bisphosphonates, dénosumab ou autres) destiné à prévenir les fractures ultérieures plus graves (col du fémur, vertèbres). Un dosage sanguin de la vitamine D, du calcium et un bilan hormonal complètent souvent le bilan. La prévention des chutes (équilibre, activité physique, correction visuelle, médicaments à risque) et la supplémentation en vitamine D-calcium font partie intégrante de la prise en charge.
Les radiographies du poignet de face et de profil strict confirment le diagnostic, précisent le type de fracture et l'importance du déplacement — c'est l'examen de première intention. Un scanner du poignet est en revanche indispensable dès qu'il existe une atteinte de la surface articulaire : il précise le nombre de fragments, la taille d'un éventuel enfoncement articulaire (die-punch), et permet de planifier précisément la réduction chirurgicale. Le scanner peut également mettre en évidence des lésions associées : fracture de la styloïde ulnaire, fracture du scaphoïde, lésion ligamentaire scapho-lunaire. Un examen clinique précis recherche également une compression aiguë du nerf médian (canal carpien post-fracturaire) qui constitue une urgence chirurgicale.
Toute douleur intense du poignet après chute, surtout avec déformation visible ou impossibilité de mobiliser la main, justifie une consultation aux urgences pour radiographies et bilan immédiat. Certains signes imposent une prise en charge en urgence absolue sans délai : une déformation importante du poignet (« dos de fourchette »), une main froide, pâle ou insensible évocatrice d'une compression vasculo-nerveuse, des fourmillements intenses dans les premiers doigts (suspicion de canal carpien aigu post-fracturaire), une plaie en regard de la fracture (fracture ouverte exposée à l'infection). Aux urgences de la Polyclinique Saint-Roch (04 67 61 88 88, 24h/24), une équipe chirurgicale spécialisée peut prendre en charge ces fractures en urgence.
Prenez rendez-vous avec le Dr Roussanne pour un bilan personnalisé et la planification du traitement adapté.
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