CHIRURGIE ORTHOPÉDIQUE et TRAUMATOLOGIQUE - MONTPELLIER
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La maladie de Dupuytren
La maladie de Dupuytren est un épaississement progressif de l'aponévrose palmaire qui entraîne une rétraction irréductible d'un ou plusieurs doigts. Cette affection héréditaire touche plus souvent l'homme que la femme, entre 40 et 60 ans. Le traitement est chirurgical lorsque la rétraction empêche l'extension complète des doigts.
Comprendre la maladie
L'aponévrose palmaire est une structure fibreuse située sous la peau de la paume de la main et des doigts. Dans la maladie de Dupuytren, cette structure s'épaissit anormalement et se rétracte, formant des nodules et des brides qui tirent progressivement les doigts en flexion.
La rétraction des doigts ne s'accompagne habituellement d'aucune douleur. Les nodules peuvent parfois être sensibles à la pression en début d'évolution.
Les facteurs de risque
- Hérédité : facteur principal — un autre membre de la famille (père, grand-père, oncle) a souvent présenté la maladie
- Sexe masculin : les hommes sont plus fréquemment atteints
- Origine nord-européenne
- Diabète
- Consommation d'alcool et certains médicaments (antiépileptiques)
- Traumatismes répétés de la paume (maçons, carreleurs)
Les symptômes
- Nodules durs dans la paume de la main, indolores
- Brides (cordes) sous la peau, palmaires et digitales
- Dépressions en capiton de la peau palmaire
- Rétraction progressive d'un ou plusieurs doigts en flexion
- Coussinets dorsaux en regard des articulations interphalangiennes proximales (formes sévères)
L'atteinte commence le plus souvent par le 5e et le 4e doigt (75 % des cas) mais tous les doigts peuvent être concernés. Les formes bilatérales sont fréquentes (50 % des cas). L'atteinte exclusive du 5e doigt est réputée plus difficile à traiter et plus récidivante.
Le diagnostic — Le test de la table
Le diagnostic est purement clinique : aucun examen complémentaire n'est nécessaire.
Le traitement
Un traitement ne doit être envisagé que lorsque la rétraction empêche l'extension complète des doigts (test de la table positif). Il n'existe pas de traitement médical efficace de la maladie de Dupuytren.
L'aponévrectomie chirurgicale
C'est le traitement de référence. L'intervention consiste à retirer le maximum de tissu pathologique par des incisions en zigzag dans la paume et le long des doigts. C'est une chirurgie délicate car les nerfs collatéraux des doigts sont au contact direct des brides à enlever.
- Lorsque la rétraction est importante et ancienne, les articulations elles-mêmes s'enraidissent et il n'est pas toujours possible de retrouver une extension complète
- Parfois la paume de la main doit être laissée ouverte (technique de la paume ouverte) — la cicatrisation se fait d'elle-même en 2 à 3 semaines
- Une greffe de peau peut être nécessaire lorsque la peau est envahie ou en cas de récidive
Les risques spécifiques
- Lésion des nerfs collatéraux : environ 2 % des cas — les nerfs sont au contact direct des brides
- Troubles trophiques : hématome, nécrose partielle des lambeaux cutanés pouvant nécessiter une reprise
- Algodystrophie : environ 3 % des cas — main gonflée, douloureuse et raide pendant plusieurs mois
- Récidive : la maladie est une pathologie de terrain héréditaire qui peut récidiver
- Risque d'amputation digitale : très rare, essentiellement dans les formes sévères ou les mains déjà opérées
Les suites opératoires
Les premiers jours
Main surélevée le plus possible. Mobilisation libre des doigts dès le lendemain. Pansements fréquents, surtout au début, variables selon le type de chirurgie.
Rééducation
Prescrite dès le lendemain de l'intervention et poursuivie plusieurs semaines. Une orthèse d'extension dynamique sur mesure peut être nécessaire pour éviter une cicatrisation en flexion du doigt.
Contrôle chirurgical
Consultation de contrôle au 21e jour pour vérifier la cicatrisation. Récupération progressive sur plusieurs semaines à mois selon la sévérité initiale.
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Consultez notre guide de préparation →Questions fréquentes — La maladie de Dupuytren
Réponses du Dr Yannick Roussanne, chirurgien orthopédiste spécialiste du membre supérieur à la Polyclinique Saint-Roch de Montpellier.
La maladie de Dupuytren est un épaississement progressif et indolore de l'aponévrose palmaire — la structure fibreuse sous la peau de la paume — qui rétracte un ou plusieurs doigts en flexion. Cette structure forme des nodules et des brides qui tirent les doigts. C'est une affection héréditaire qui touche plus souvent l'homme que la femme, entre 40 et 60 ans. L'atteinte commence le plus souvent par le 5e et le 4e doigt (75 % des cas) et est bilatérale dans 50 % des cas. Les nodules peuvent être sensibles à la pression en début d'évolution.
Le test de la table tranche : posez la main bien à plat sur une table — si tous les doigts s'allongent complètement, aucun traitement n'est justifié, sinon une chirurgie est vraisemblablement indiquée. Refaites ce test régulièrement pour surveiller l'évolution. Le diagnostic est uniquement clinique : aucun examen complémentaire n'est nécessaire. Important : plus le doigt est rétracté avant l'intervention, plus il sera difficile de retrouver une extension complète. Il est donc préférable de consulter dès que la mise à plat devient impossible plutôt que d'attendre une rétraction sévère.
L'hérédité est le facteur principal de la maladie de Dupuytren : un autre membre de la famille — père, grand-père, oncle — a souvent présenté la même affection. Les autres facteurs sont le sexe masculin, l'origine nord-européenne, le diabète, la consommation d'alcool, certains médicaments (notamment les antiépileptiques) et les traumatismes répétés de la paume — chez les maçons et carreleurs par exemple. La maladie peut également toucher la plante des pieds (maladie de Ledderhose) ou plus rarement d'autres localisations.
L'aponévrectomie est le traitement chirurgical de référence : elle consiste à retirer le maximum de tissu pathologique par des incisions en zigzag dans la paume et le long des doigts. C'est une chirurgie délicate car les nerfs collatéraux des doigts sont au contact direct des brides à enlever. Lorsque la rétraction est importante et ancienne, les articulations elles-mêmes s'enraidissent et il n'est pas toujours possible de retrouver une extension complète. Parfois la paume doit être laissée ouverte (technique de la paume ouverte), avec une cicatrisation spontanée en 2 à 3 semaines. Une greffe de peau peut être nécessaire si la peau est envahie ou en cas de récidive.
Les principaux risques sont la lésion des nerfs collatéraux (environ 2 % des cas) et l'algodystrophie (environ 3 % des cas) — main gonflée, douloureuse et raide pendant plusieurs mois. S'y ajoutent les troubles trophiques — hématome, nécrose partielle des lambeaux cutanés pouvant nécessiter une reprise — et la récidive, inhérente au terrain héréditaire de la maladie. Le risque d'amputation digitale est très rare, essentiellement dans les formes sévères ou les mains déjà opérées. Ces risques sont expliqués individuellement lors de la consultation préopératoire.
Dès le lendemain de l'intervention, la mobilisation des doigts est libre et la rééducation prescrite ; la main est surélevée le plus possible pour limiter l'œdème. Les pansements sont fréquents au début, variables selon le type de chirurgie. Une orthèse d'extension dynamique sur mesure peut être nécessaire pour éviter une cicatrisation en flexion du doigt. Une consultation de contrôle a lieu au 21e jour pour vérifier la cicatrisation. La récupération s'étend ensuite progressivement sur plusieurs semaines à plusieurs mois selon la sévérité initiale et la complexité du geste.
Plus le doigt est rétracté avant l'intervention, plus il sera difficile de retrouver une extension complète : il ne faut donc pas attendre une rétraction sévère pour consulter. Lorsque la rétraction est importante et ancienne, les articulations elles-mêmes s'enraidissent et la peau peut devoir être laissée ouverte ou nécessiter une greffe. L'atteinte exclusive du 5e doigt est en outre réputée plus difficile à traiter et plus récidivante. Le bon moment pour consulter est dès que la main ne se met plus à plat sur une table (test de la table positif).
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