CHIRURGIE ORTHOPÉDIQUE et TRAUMATOLOGIQUE - MONTPELLIER
CHIRURGIE OSSEUSE ET ARTICULAIRE - CHIRURGIE PROTHÉTIQUE - CHIRURGIE ARTHROSCOPIQUE - CHIRURGIE DU SPORT
Arthrose du poignet
L'arthrose du poignet est le plus souvent secondaire à un traumatisme ancien (fracture du scaphoïde, lésion ligamentaire) ou à une maladie dégénérative. Elle entraîne douleur, raideur et perte de force, avec un retentissement important sur la vie quotidienne et professionnelle.
Les causes
L'arthrose primitive du poignet est rare. Dans la grande majorité des cas, l'arthrose est secondaire :
SNAC wrist (Scaphoid Non-union Advanced Collapse)
Arthrose secondaire à une pseudarthrose du scaphoïde (fracture non consolidée). Le scaphoïde déformé modifie la mécanique du poignet et entraîne une usure progressive des surfaces articulaires. C'est la cause la plus fréquente d'arthrose du poignet chez l'homme jeune.
SLAC wrist (Scapho-Lunate Advanced Collapse)
Arthrose secondaire à une dissociation scapho-lunaire chronique (rupture du ligament scapho-lunaire). Le scaphoïde bascule en flexion, modifiant les contraintes articulaires et provoquant l'arthrose. Évolution en 3 stades : arthrose radio-scaphoïdienne (I), arthrose scapho-capitatum (II), puis arthrose radio-lunaire (III).
Arthrose STT (scapho-trapézo-trapézoïdienne)
Arthrose localisée à l'articulation entre le scaphoïde, le trapèze et le trapézoïde. Peut être isolée ou associée à d'autres atteintes. Provoque des douleurs à la base du pouce et à la face dorsale du poignet.
Arthrose post-traumatique
Après une fracture articulaire du radius distal mal réduite, une luxation péri-lunaire ou une nécrose du lunatum (maladie de Kienböck).
Les symptômes
- Douleur mécanique du poignet, aggravée par les efforts et soulagée par le repos
- Raideur progressive : perte de flexion-extension et d'inclinaisons
- Perte de force de préhension
- Gonflement articulaire par poussées
- Crépitations à la mobilisation
- Déformation progressive du poignet dans les stades avancés
Le diagnostic
- Radiographies du poignet (face en charge, profil strict) : pincement articulaire, ostéophytes, géodes, sclérose sous-chondrale. Permettent de classer le stade (SLAC I/II/III, SNAC I/II/III)
- Scanner : bilan précis de l'étendue de l'arthrose, recherche de pseudarthrose du scaphoïde, planification chirurgicale
- Arthroscanner ou IRM : état du cartilage, des ligaments et des os (nécrose du lunatum ou du scaphoïde)
Le traitement médical
- Antalgiques et anti-inflammatoires lors des poussées douloureuses
- Attelle de repos : immobilisation nocturne ou pendant les efforts
- Infiltrations de corticoïdes : soulagement temporaire des poussées inflammatoires
- Kinésithérapie : entretien de la mobilité et renforcement musculaire
- Adaptation de l'activité : ergonomie, réduction des contraintes
Le traitement chirurgical
Le choix de la technique dépend du stade de l'arthrose, de sa cause et de la demande fonctionnelle du patient :
Dénervation du poignet
Section des rameaux nerveux sensitifs qui transmettent la douleur articulaire. Geste simple, réalisé seul ou en complément d'une autre intervention. Préserve la mobilité. Résultats variables sur le long terme.
Résection de la première rangée du carpe (proximal row carpectomy)
Ablation du scaphoïde, du lunatum et du triquetrum. La tête du capitatum vient s'articuler directement avec la glène radiale. Conserve 50 à 60 % de la mobilité du poignet. Indiquée en l'absence d'arthrose de la tête du capitatum et de la fossette lunaire du radius (stades SLAC/SNAC I-II).
Arthrodèse des quatre os (four-corner fusion)
Excision du scaphoïde et fusion des quatre os de la deuxième rangée (lunatum, capitatum, triquetrum, hamatum) par des agrafes ou une plaque dédiée. Conserve environ 50 % de la mobilité. Indiquée dans les stades SLAC/SNAC II-III avec arthrose de la fossette lunaire.
Arthrodèse totale du poignet
Fusion complète du poignet (radius + carpe + métacarpes) par une plaque. Supprime toute mobilité du poignet mais élimine définitivement la douleur et restaure une force de préhension maximale. Indiquée dans les arthroses pan-carpiennes, en dernier recours.
Arthrodèse STT
Fusion localisée de l'articulation scapho-trapézo-trapézoïdienne. Indiquée dans l'arthrose STT isolée ou dans certaines instabilités scapho-lunaires chroniques.
La rééducation
- Après résection de la première rangée : immobilisation 3 à 4 semaines, rééducation 2 à 3 mois
- Après four-corner fusion : immobilisation 6 à 8 semaines (temps de fusion), rééducation 2 à 3 mois
- Après arthrodèse totale : immobilisation 8 à 12 semaines, rééducation centrée sur la force de préhension
Consulter
Prenez rendez-vous avec le Dr Roussanne :
- En ligne : via Doctolib
- Par téléphone : 04 67 41 65 00
Information à visée pédagogique conforme à la loi du 4 mars 2002 sur l'information loyale, claire et appropriée. Ne se substitue pas à une consultation médicale individualisée. En cas d'urgence, contactez le 15 (SAMU) ou le service des urgences de la Polyclinique Saint-Roch au 04 67 61 88 88.
Questions fréquentes — Arthrose du poignet
Réponses du Dr Yannick Roussanne, chirurgien orthopédiste spécialiste du membre supérieur à la Polyclinique Saint-Roch de Montpellier.
L'arthrose du poignet est rarement primitive : elle est dans la grande majorité des cas secondaire à un traumatisme ancien ou à une lésion ligamentaire chronique non traitée du carpe. Les deux causes principales sont le SNAC wrist (Scaphoid Non-union Advanced Collapse, arthrose secondaire à une pseudarthrose ancienne du scaphoïde) et le SLAC wrist (Scapho-Lunate Advanced Collapse, arthrose secondaire à une dissociation chronique du ligament scapho-lunaire). D'autres causes incluent l'arthrose STT (scapho-trapézo-trapézoïdienne) localisée à la base du pouce, l'arthrose post-traumatique après fracture articulaire mal réduite du radius distal ou luxation péri-lunaire, et la nécrose du lunatum (maladie de Kienböck). Le diagnostic précoce des lésions causales est essentiel pour prévenir l'évolution vers l'arthrose.
L'arthrose du poignet se manifeste par une douleur mécanique aggravée par les efforts et soulagée par le repos, associée à une raideur progressive avec perte de flexion-extension. La perte de force de préhension, des gonflements articulaires par poussées et des crépitations à la mobilisation complètent le tableau clinique. À un stade plus avancé, une déformation visible du poignet peut apparaître. Le retentissement fonctionnel est significatif sur la vie quotidienne (visser, ouvrir des bocaux, porter des charges) et professionnelle, en particulier chez les travailleurs manuels. L'évolution est progressive, avec des phases de poussées inflammatoires entrecoupées de phases de stabilité. Le diagnostic repose sur l'examen clinique et des radiographies du poignet de face en charge et profil strict, complétées si nécessaire par un scanner ou une IRM.
Les deux principales classifications décrivent l'évolution radiographique de l'arthrose du poignet en trois stades successifs, en fonction de l'extension des lésions cartilagineuses : SLAC I/II/III et SNAC I/II/III. Au stade I, l'arthrose touche l'articulation entre le scaphoïde et la styloïde radiale (arthrose stylo-scaphoïdienne ou radio-scaphoïdienne). Au stade II, elle s'étend à l'articulation entre le scaphoïde et le capitatum (arthrose médio-carpienne). Au stade III, elle atteint enfin l'articulation radio-lunaire, devenant alors une arthrose pan-carpienne. Cette classification radiographique guide le choix de la technique chirurgicale : la fossette lunaire du radius est respectée jusqu'au stade II, ce qui permet des techniques conservant la mobilité (résection de la première rangée, four-corner fusion). Au stade III, l'arthrodèse totale est plus souvent nécessaire.
Le choix de la technique chirurgicale dépend du stade de l'arthrose, de sa cause et de la demande fonctionnelle du patient — quatre techniques principales sont disponibles. La dénervation du poignet (section des rameaux sensitifs articulaires) soulage la douleur en préservant la mobilité, mais avec des résultats variables sur le long terme. La résection de la première rangée du carpe (proximal row carpectomy) conserve 50 à 60 % de la mobilité — indiquée aux stades SLAC/SNAC I-II. L'arthrodèse des quatre os (four-corner fusion) avec excision du scaphoïde conserve environ 50 % de la mobilité — indiquée aux stades II-III. L'arthrodèse totale du poignet, indiquée en dernier recours aux stades pan-carpiens, supprime toute mobilité mais élimine définitivement la douleur et restaure une force de préhension maximale.
Oui, le traitement médical est indiqué en première intention dans les arthroses débutantes ou peu symptomatiques, et permet souvent de différer la chirurgie de plusieurs années. Il associe les antalgiques et anti-inflammatoires lors des poussées douloureuses, le port d'une attelle de repos (immobilisation nocturne ou pendant les efforts), les infiltrations de corticoïdes échoguidées dans l'articulation concernée pour soulager les poussées inflammatoires, la kinésithérapie spécialisée (entretien de la mobilité résiduelle et renforcement musculaire), et l'adaptation des activités quotidiennes (ergonomie, réduction des contraintes). Lorsque le traitement médical ne suffit plus à contrôler la douleur ou que la limitation fonctionnelle devient invalidante, la chirurgie est discutée selon le stade radiographique et la demande du patient.
La meilleure prévention est le diagnostic et le traitement précoces des lésions qui conduisent à l'arthrose : pseudarthrose du scaphoïde, dissociation scapho-lunaire et fractures articulaires mal réduites du radius. C'est pourquoi toute douleur du poignet persistante après un traumatisme, même apparemment bénin, doit faire consulter un spécialiste : une fracture du scaphoïde diagnostiquée et traitée à temps a 90-95 % de chances de consolider sans séquelles, et une lésion du ligament scapho-lunaire réparée précocement (moins de 6 semaines) donne d'excellents résultats. À l'inverse, une lésion banalisée ou méconnue évolue silencieusement vers l'arthrose en quelques années. Une douleur de la tabatière anatomique après chute ou une douleur dorsale du poignet persistante doivent donc systématiquement faire rechercher une lésion sous-jacente.
Une consultation spécialisée permet de poser le diagnostic d'arthrose et d'adapter la prise en charge.
Tramway Ligne 2 Arrêt Sabines
Bus Ligne 17 & 18 & "La ronde" arrêt Sabines
Payant
Au niveau -1 Accès direct par ascenseur
Accessible aux personnes handicapées & PMR