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CHIRURGIE ORTHOPÉDIQUE et TRAUMATOLOGIQUE - MONTPELLIER

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Chirurgie du Coude
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Accueil › Le Coude › Arthrose du coude

Arthrose du coude — Diagnostic et traitement

L'arthrose du coude est une pathologie moins fréquente que celle du genou ou de la hanche, mais elle peut être très invalidante, entraînant douleur, raideur et blocages articulaires. Elle survient le plus souvent dans un contexte post-traumatique ou chez les travailleurs de force.


Qu'est-ce que l'arthrose du coude ?

L'arthrose du coude correspond à l'usure progressive du cartilage articulaire qui recouvre les surfaces articulaires du coude (humérus distal, tête radiale, olécrane). Cette dégradation cartilagineuse s'accompagne de la formation d'ostéophytes (excroissances osseuses) qui rétrécissent l'espace articulaire, limitent les mouvements et peuvent comprimer les structures nerveuses voisines, notamment le nerf ulnaire. Des corps étrangers ostéocartilagineux peuvent se détacher dans l'articulation, provoquant des blocages mécaniques douloureux.


Les causes

  • Arthrose post-traumatique : séquelle d'une fracture articulaire du coude (tête radiale, palette humérale, olécrane) — c'est la cause la plus fréquente
  • Arthrose d'usure professionnelle : travailleurs de force utilisant des outils vibrants (marteau-piqueur, perforatrice), manutention lourde répétée
  • Arthrose du sportif : sports de lancer (baseball, javelot), sports de combat, haltérophilie — microtraumatismes répétés en compression et en extension forcée
  • Chondromatose synoviale : pathologie de la membrane synoviale qui produit des corps étrangers ostéocartilagineux multiples (ostéochondromes) dans l'articulation, accélérant la dégradation du cartilage
  • Arthrose primitive : plus rare au coude, sans cause retrouvée

Le coude rhumatoïde

La polyarthrite rhumatoïde est une cause importante de destruction articulaire du coude. L'inflammation chronique de la membrane synoviale (synovite rhumatoïde) détruit progressivement le cartilage, les ligaments et l'os, entraînant douleur, gonflement, raideur et instabilité. Le coude est atteint dans 20 à 50 % des patients souffrant de polyarthrite rhumatoïde.

La prise en charge est d'abord médicale (traitements de fond, biothérapies), mais lorsque la destruction articulaire est avancée et que les traitements médicaux ne suffisent plus à contrôler la douleur et le handicap, le traitement chirurgical est envisagé.

Synovectomie arthroscopique

Aux stades précoces de l'atteinte rhumatoïde, l'arthroscopie du coude permet de réaliser une synovectomie (ablation de la membrane synoviale inflammatoire) et un débridement articulaire. Ce geste diminue la douleur, réduit le gonflement et ralentit la progression de la destruction articulaire.

Prothèse totale de coude dans la polyarthrite rhumatoïde

Lorsque la destruction articulaire est trop avancée (stades III et IV de Larsen), la prothèse totale de coude est le traitement de référence. Elle remplace les surfaces articulaires détruites par des implants métalliques et polyéthylène, soulageant la douleur et restaurant la mobilité. Les résultats sont bons à long terme, avec un soulagement douloureux dans plus de 90 % des cas. La principale limitation est la restriction du port de charges (maximum 5 kg de façon répétée) pour préserver la longévité des implants.

Notre expérience : le Dr Roussanne est co-auteur d'une publication dans le Journal of Bone and Joint Surgery sur la prothèse totale de coude GSB III dans la polyarthrite rhumatoïde, évaluant les résultats à long terme de cette chirurgie prothétique.

Les symptômes

  • Raideur progressive : perte de l'extension complète du coude (flessum), puis limitation de la flexion — c'est souvent le premier motif de consultation
  • Douleurs mécaniques : en fin de mouvement (extension et flexion forcées), liées au conflit des ostéophytes
  • Blocages articulaires : accrochages, sensation de grain de sable, blocages francs dus à des corps étrangers ostéocartilagineux libres dans l'articulation
  • Crépitations : sensation de craquements à la mobilisation du coude
  • Gonflement articulaire : épanchement du coude après les efforts
  • Signes neurologiques : fourmillements dans les deux derniers doigts si les ostéophytes compriment le nerf ulnaire dans sa gouttière
À noter : contrairement au genou ou à la hanche, un coude arthrosique peut rester fonctionnel malgré une perte de mobilité. L'arc de mobilité fonctionnel du coude (nécessaire aux gestes de la vie quotidienne) est de 30° à 130° de flexion et 50° de prono-supination de chaque côté. Tant que cet arc est préservé, la gêne reste limitée.

Le diagnostic

  • Radiographies du coude : face, profil et incidences spécifiques — montrent le pincement articulaire, les ostéophytes (en particulier sur la pointe de l'olécrane et la fossette olécranienne), les corps étrangers radio-opaques
  • Scanner (TDM) : précise la taille et la localisation des ostéophytes et des corps étrangers, indispensable pour la planification d'une arthrolyse
  • IRM : évalue l'état du cartilage résiduel et recherche une compression du nerf ulnaire

Le traitement médical

Le traitement de première intention est toujours médical :

  • Anti-inflammatoires et antalgiques en période douloureuse
  • Kinésithérapie : entretien des amplitudes articulaires, renforcement musculaire, lutte contre l'enraidissement
  • Infiltrations de corticoïdes : soulagement temporaire des poussées inflammatoires
  • Viscosupplémentation : injection d'acide hyaluronique (efficacité discutée au coude)
  • Adaptation de l'activité : réduction des contraintes, ergonomie du poste de travail

Le traitement chirurgical

La chirurgie est indiquée en cas d'échec du traitement médical, de raideur invalidante ou de blocages articulaires récurrents.

Arthroscopie du coude — Arthrolyse et débridement

L'arthroscopie est le traitement chirurgical de première intention de l'arthrose du coude. Elle permet, sous contrôle caméra et par de petites incisions :

  • L'ablation des corps étrangers ostéocartilagineux (y compris les ostéochondromes en cas de chondromatose synoviale) — responsables des blocages articulaires
  • La résection des ostéophytes : les excroissances osseuses qui limitent l'extension (ostéophyte olécranien, comblement de la fossette olécranienne) et la flexion (ostéophyte coronoïdien) sont fraisées sous arthroscopie
  • L'arthrolyse : libération des adhérences capsulaires antérieures et postérieures qui contribuent à la raideur
  • La synovectomie : ablation de la membrane synoviale pathologique (en cas de chondromatose ou de synovite inflammatoire)
  • La libération du nerf ulnaire : si les ostéophytes compriment le nerf dans sa gouttière, une neurolyse peut être associée dans le même temps opératoire

Les résultats de l'arthroscopie sont bons sur la douleur et les blocages, avec un gain d'amplitude de 15° à 30° en moyenne. L'intervention est réalisée en ambulatoire.

Prothèse totale de coude

Dans les formes les plus avancées d'arthrose du coude, lorsque la destruction articulaire est majeure et que l'arthroscopie n'est plus suffisante, la mise en place d'une prothèse totale de coude peut être envisagée. Cette indication reste rare et concerne principalement les patients âgés avec une arthrose sévère post-traumatique ou rhumatismale, chez qui la demande fonctionnelle est modérée (pas de port de charges lourdes).

Important : l'arthroscopie du coude est une intervention techniquement exigeante en raison de la proximité des structures nerveuses et vasculaires. Elle doit être réalisée par un chirurgien expérimenté en arthroscopie du coude.

La rééducation

Après arthrolyse arthroscopique, la rééducation est cruciale et doit être intensive et précoce :

  • Mobilisation immédiate dès le lendemain de l'intervention — l'objectif est de conserver le gain d'amplitude obtenu au bloc opératoire
  • Kinésithérapie intensive : 3 à 5 séances par semaine les premières semaines
  • Attelle dynamique de coude : peut être prescrite pour maintenir les gains en extension ou en flexion
  • Durée : 2 à 4 mois de rééducation active
Conseil : le coude a une tendance naturelle à l'enraidissement. Le gain d'amplitude obtenu lors de l'arthroscopie se perd rapidement si la rééducation n'est pas débutée immédiatement et suivie avec rigueur.

Questions fréquentes — Arthrose du coude

Réponses du Dr Yannick Roussanne, chirurgien orthopédiste spécialiste du membre supérieur à la Polyclinique Saint-Roch de Montpellier.

L'arthrose du coude se manifeste par une raideur progressive et des douleurs mécaniques de fin de mouvement, premier motif de consultation, avec perte de l'extension complète puis limitation de la flexion. Apparaissent ensuite des blocages articulaires (sensations d'accrochage, blocages francs) liés à la présence de corps étrangers ostéocartilagineux libres dans l'articulation, des crépitations à la mobilisation, et un gonflement après les efforts. Si les ostéophytes compriment le nerf ulnaire dans sa gouttière, des fourmillements dans les deux derniers doigts (annulaire et auriculaire) peuvent apparaître. À noter : contrairement au genou ou à la hanche, un coude arthrosique peut rester fonctionnel malgré une perte de mobilité, tant que l'arc fonctionnel (30° à 130°) est préservé.

Oui, l'arthroscopie est le traitement chirurgical de première intention de l'arthrose du coude lorsque le traitement médical échoue ou en cas de blocages articulaires récurrents et de raideur invalidante. Sous contrôle caméra et par de petites incisions, l'arthroscopie permet l'ablation des corps étrangers ostéocartilagineux (et des ostéochondromes en cas de chondromatose synoviale), la résection des ostéophytes qui limitent l'extension et la flexion, la libération des adhérences capsulaires (arthrolyse), et la synovectomie. Si le nerf ulnaire est comprimé, une neurolyse peut être associée dans le même temps opératoire. Les résultats sont bons sur la douleur et les blocages, avec un gain d'amplitude de 15° à 30° en moyenne. L'intervention est réalisée en ambulatoire.

La prothèse totale de coude est réservée aux formes les plus avancées d'arthrose, lorsque la destruction articulaire est majeure et que l'arthroscopie n'est plus suffisante. Elle concerne principalement les patients âgés avec une arthrose sévère post-traumatique ou rhumatismale, chez qui la demande fonctionnelle est modérée et qui ne portent pas de charges lourdes. La prothèse remplace les surfaces articulaires détruites par des implants métalliques et polyéthylène, soulageant la douleur dans plus de 90 % des cas et restaurant la mobilité. La principale limitation à long terme est la restriction du port de charges (maximum 5 kg de façon répétée) pour préserver la longévité des implants. Cette indication reste rare au coude.

L'arthrose du coude est le plus souvent post-traumatique, séquelle d'une fracture articulaire (tête radiale, palette humérale, olécrane), et c'est la cause la plus fréquente. Elle peut aussi survenir dans un contexte d'usure professionnelle chez les travailleurs de force utilisant des outils vibrants (marteau-piqueur, perforatrice) ou la manutention lourde répétée, et chez les sportifs pratiquant des sports de lancer, de combat ou l'haltérophilie. La chondromatose synoviale, pathologie qui produit des corps étrangers ostéochondromateux multiples dans l'articulation, accélère la dégradation cartilagineuse. L'arthrose primitive du coude, sans cause identifiée, reste rare. La polyarthrite rhumatoïde est une cause distincte de destruction articulaire qui touche le coude dans 20 à 50 % des patients.

La polyarthrite rhumatoïde peut détruire progressivement l'articulation du coude par inflammation chronique de la membrane synoviale (synovite rhumatoïde), avec une atteinte chez 20 à 50 % des patients. Aux stades précoces, l'arthroscopie permet de réaliser une synovectomie (ablation de la membrane synoviale inflammatoire) et un débridement articulaire qui diminuent la douleur et ralentissent la progression. Aux stades avancés (stades III et IV de Larsen), la prothèse totale de coude est le traitement de référence : elle soulage la douleur dans plus de 90 % des cas et restaure la mobilité, avec de bons résultats à long terme. Le Dr Roussanne est co-auteur d'une publication dans le Journal of Bone and Joint Surgery sur la prothèse totale de coude GSB III dans la polyarthrite rhumatoïde.


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Dr Yannick Roussanne — Chirurgien orthopédiste spécialiste du membre supérieur
Polyclinique Saint-Roch — 550 avenue du Colonel André Pavelet, 34070 Montpellier
Tél. : 04 67 41 65 00

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